Kimpa Vita et le Mouvement national de la Résistance

Kimpa Vita et le Mouvement national de la Résistance de « Mwinda Wa Koongo » ou de « Ntangu Yi fweni »

La guerre d’Ambwila de 1665 marque un tournant dans l’histoire du pays du roi, le Koongo dya Ntotela, c’est-à-dire l’ancien royaume du Congo. C’est à partir de cette période que le Kongo, du fait de la perte de sa noblesse et de sa caste dirigeante ayant corrélativement eu un impact sur l’autorité étatique, connaîtra une gouvernance quelque peu anarchique.

Le Koongo devient, en quelque sorte,  » un espace géographique habité par des populations inorganisées ».

Une des conséquences majeures de ce déclin est que le royaume passe de six provinces au XVIIème à vingt-deux au milieu du XVIIIème siècle.

L’unité du royaume étant brisée, c’est la diversité dorénavant des prétendants chefs ou rois qui semblera s’imposer et dont le corps électoral sera constitué par les habitants de leurs villages voire des membres de leurs clans.

Dans ce contexte aussi difficile de la vie politico-sociale du Koongo, une lueur d’espoir va naître toutefois avec les prophéties d’une vieille dame, la nommée  » MAMA MAFUTA « . En effet  » MAMA MAFUTA » ou APPOLONIA FOUMARIA de son nom de baptême est, peut-on dire la conscience même de « mwinda wa kongo », celle de restauration et d’édification de la conscience de libération de l’être ou du Muuntu.

 » MAMA MAFUTA  » est, de facto, une « porte-parole » de « mwinda wa kongo », c’est-à-dire, de cette conscience congolaise de libération de l’être et d’information sur le devenir socio-politique de son pays qu’il convient d’édifier perpétuellement et raisonnablement.

C’est dire que  » MAMA MAFUTA  » est, dans une certaine mesure, une expression d’édification perpétuelle du corps social et de la personne humaine, par le discours de libération qu’elle tient, ici et là, dans les localités centrales de Koongo Dya Ntotela.

A son sujet, les chroniqueurs témoins de l’œuvre de  » MAMA MAFUTA  » rapportent qu’elle opère des guérisons miraculeuses. Prophétesse, entre autres, elle combat les fétiches et les autres pratiques magiques.

Beaucoup de gens accouraient vers elle, écrit Martial SINDA et même la reine avait foi en ses prophéties lorsque MAFUTA proclamait que le mont Kibangou serait anéanti par le feu si les Congolais persistaient dans leur refus d’embrasser le message de la libération. Les missionnaires cherchèrent à l’arrêter, mais le roi et la reine, qui croyaient beaucoup en ses prophéties, continuèrent à la protéger contre l’inquisition.

Annonciatrice de KIMPA VITA,  » MAMA MAFUTA  » invitera très vivement le peuple Koongo à être sur son chemin puisqu’elle réunissait en elle toutes ces qualités requises pour porter le flambeau de « mwinda wa kongo« , c’est-à-dire, celui de la flamme de restauration et d’édification de la conscience nationale du développement et de l’épanouissement existentiel du Muuntu’a koongo.

Âgée d’à peine 22 ans KIMPA VITA ou DONA BEATRICE de son nom de baptême fut, avec la complicité des missionnaires capucins, brûlée vive comme Jeanne d’Arc la lorraine à Mbanza Evuluvulu le 2 juillet 1702.

Sur tous les plans, l’œuvre de KIMPA VITA s’avère être spectaculaire. En dépit des contraintes qu’elle rencontre sur son chemin venant de ses adversaires, les missionnaires capucins, son œuvre obtient l’adhésion d’un grand nombre de ses compatriotes.

Ayant conquis le roi et la reine à son parti, elle fit propager dans le pays, écrit Martial SINDA, la nouvelle religion qu’elle venait de fonder avec le concours de Saint Antoine…Comme Saint Antoine, Dona Béatrice commença à opérer les miracles. A San Salvador où elle prêche par ailleurs, Dona Béatrice est vénérée par les notables du royaumes. Des malades guérissent.

Dans le même ordre d’idées, Georges BALANDIER souligne que  » cette ascension rapide s’explique par la certitude largement partagée, que le Dieu chrétien répond enfin à la longue attente angoissée des gens de Kongo. Dona Béatrice est son envoyée ; elle participe à sa puissance ; elle commande à la nature…elle permet aux Ba-Kongo d’avoir  » leurs saints » c’est-à-dire, les interprètes d’un christianisme remodelé et africanisé. Elle annonce des temps nouveaux. »

En d’autres termes, l’action de Kimpa Vita est, peut-on dire, celle de  » mwinda wa kongo « , c’est -à-dire, celui du refus d’une négation des valeurs sociales, morales, politiques et religieuses qui définissent une nation ou un peuple et, dans le cas d’espèce, celles ayant grandement, par le passé, contribué au développement de Koongo.

Dans cette optique, les adversités, les obstacles rencontrés dans le cadre d’une lutte de libération ne sont nullement perçus comme une cause d’abandon. Bien au contraire, ils deviennent une source de stimulation pour aller de l’avant et, de ce fait, une occasion précieuse d’une prise de conscience de ce, à quoi on aspire et du sens véritable de ce qu’on est ou de ce qu’on représente.

En somme,  » mwinda wa kongo  » est, à la fois, un éveil spirituel et ou une prise de conscience des maux de tous genres qui minent la raison même de l’être ou du Muuntu. Il s’agit globalement des maux qui nuisent à son épanouissement voire à son bien-être et qui, par tous moyens doivent être combattus. C’est l’expression même d’une conscience humaine, sociale, politique et spirituelle qui, par le passé s’est exprimée dans la société Koongo, à travers ses filles et fils que sont :

KASOLA, MAFUTA, NDONA KIMPA VITA, BUETA MBONGO, KIMBANGU, MPADI, MATSUA ETC.

Bonne et heureuse année au journal des démocrates Congolais « Mwinda » et que l’année nouvelle 2013 lui soit agréable et qu’elle lui apparaisse comme étant celle de l’espérance voire du maintien même de sa raison d’être.

Alors vive Mwinda !

TAATA N’DWENGA

 

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