Incroyable : le FBI paye un Marocain pour faire un attentat

Amine-El-Khalifi

Le Bureau fédéral d’enquête ne recule devant rien…

Minority Report n’est-il qu’un film de science fiction ? Son réalisateur, Steven Spielberg, y développe l’idée selon laquelle des hommes pourraient être condamnés par avance pour des crimes qu’ils n’ont pas encore commis. L’expérience du Marocain Amine El Khalifi, poursuivi aux Etats Unis pour avoir voulu faire exploser une bombe à proximité du Capitole, à Washington, le 17 février, rappelle ce scénario : le FBI a donné 5700 dollars à Amine El Khalifi pour lui permettre de mener à bien son intention de perpétrer un crime, rapporte AP. Il sera condamné à une peine de prison allant de 25 à 30 ans de prison, vendredi 14 septembre.

En 2010, Amine El Khalifi vivait dans une situation précaire, à Alexandria, en Virginie et s’inquiétait de la façon dont il pouvait continuer à envoyer de l’argent à ses parents au Maroc. En situation irrégulière depuis 13 ans, il avait commencé à prendre de la drogue en 2007 et avait été condamné pour un délit mineur à 5 jours de prison. En parallèle, sa famille, à Casablanca, avait besoin de son aide car son père avait été obligé de fermer la boutique qu’il tenait alors que c’était sa principale source de revenus.

S’occuper de ses parents

L’aide effective versée par le FBI, 5700 dollars donnés à Amine El Khalifi pendant les 6 mois précédant la tentative d’attentat, et la promesse de verser 500 dollars par mois à chacun de ses parents, après l’attentat suicide n’a-t-il pas permis à Amine El Khalifi de passer à l’acte ? En aurait-il fait autant sans l’aide du FBI?

« M. El Khalifi considérait que l’une de ses principales obligations était de s’occuper de sa mère et de son père. Ne pas y parvenir ce serait risquer, une nouvelle fois, la désapprobation de Dieu. Sans la promesse du « versement du martyre » à ses parents, M. El Khalifi aurait eu de grandes difficultés à achever sa mission et il n’aurait pas pu remplir son devoir de prendre soin de ses parents », écrit le défenseur publique fédéral Kenneth Troccoli, dans les papiers de la cours.

En juin, lorsque l’accusé avait reconnu officiellement sa culpabilité, la question, de la responsabilité du FBI dans l’action d’Amine El Khalifi se posait déjà. Dès l’arrestation du Marocain, le FBI avait indiqué que personne n’avait été mis en danger par la tentative d’attentat puisque le gilet d’explosif et les armes avaient été désactivés et rendus inoffensifs par le FBI, puisque c’étaient ses agents propres infiltrés qui les avaient placés entre les mains d’Amine El Khalifi.

Une culpabilité au conditionnel

A la fin de l’audience où l’accusé reconnaissait sa culpabilité, l’agent spécial du FBI, Bryan Paarmann, a assuré aux journalistes : « L’avions-nous déjà fait avant ? Allons-nous recommencer ? La réponse est oui ». Aujourd’hui, l’accusation estime heureux que ce soit le FBI et pas de véritables extrémistes qui aient rencontré le Marocain. « Il existe plusieurs raisons de croire qu’il auraient saisi toute opportunité qu’il aurait rencontrée dans le futur pour commettre des meurtres de masses », explique le ministère public.

En insistant sur le fait qu’il vaut mieux des agents doubles du FBI que de vrais fondamentalistes, l’accusation reconnait un élément important : les choses auraient pu se dérouler autrement. Au moment où Amine El Khalfi rencontre les faux agents du FBI, il n’est qu’au stade de la réflexion « M. El Khalfi aurait pu agir différemment si, au lieu de lui demander de garder secret le complot, il avait été encouragé à valider ses croyances auprès de personnes extérieures, par exemple un imam de sa mosquée ou un membre de sa famille », insiste la défense.

L’argent offert par le FBI a au contraire aidé Amine El Khalifi à se couper de sa famille en lui retirant la responsabilité qu’il s’était donné de subvenir à ses besoins. Avec l’intervention du FBI, les intentions d’Amine El Khalifi pouvaient-elles aboutir à autre chose qu’à leur concrétisation ? Comme si le crime était plus dans l’intention de le commettre, comme dans Minority Report, que dans sa réalisation.

Source: nationalemancipe

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