Guerre à l’est de la RDC : La population charge Kinshasa

Plus de 2000 ménages de déplacés en provenance de territoires de Masisi et d’autres parties de la province du Nord Kivu ont été répertoriés par les autorités provinciales à Mungunga où ils forment déjà un camp.

Des organisations humanitaires nationales et internationales s’activent à construire des tentes et à installer d’autres commodités pour ces milliers de réfugiés qui ne cessent d’affluer dans ce site et dans la ville de Goma. Parmi ces déplacé, l’on dénombre les membres de tribus hunde, hutu, tembo et nianga, alors que les tutsti, eux, ont pris la direction du Rwanda ou les frontières leur ont été ouvertes, à l’exclusion des autres.

Les récents affrontements entre les forces loyalistes et les hommes de Bosco Ntaganda sont à la base de ce nouveau mouvement des populations. Comme pour se dédouaner auprès de la population ; le gouverneur Julien Paluku a incriminé, enfin Ntaganda, de semer de l’indiscipline au sein de troupes en territoire de Masisi. Or, la veille, il affirmait, pince sans rire, qu’il n’y avait pas de guerre au Nord-Kivu.

Beaucoup d’observateurs estiment cependant que le gouvernement est responsable du climat d’insécurité qui persiste dans cette partie du pays. C’est le gouvernement qui se complait à créer des foyers de tension, tant au Sud Kivu qu’au Nord Kivu.

Selon deux députés provinciaux interrogés, les autorités gouvernementales ont armé des populations civiles qui ont par la suite créé des milices toujours actives à l’Est du paya. C’est contre ces milices que le gouvernement organise des expéditions au détriment des populations locales. Ces groupes armés se confondent parfois à des éléments des FDLR qui commettent toutes sortes de crimes, notamment des assassinats, des vols de femmes et des pillages des champs. A telle enseigne qu’actuellement, les cités de Kitchanga, de Mwesso, de Lushebere, etc. sont devenues des enclaves, les paysans ne peuvent plus écouler leurs produits vers des centres urbains. D’autres sont incapables d’accéder à leurs champs transformés en fermes à vaches. Cette situation a créé la rareté progressive de produits de base dans la ville de Goma.

Nos deux interlocuteurs ajoutent en outre que l’intégration des troupes du CNDP au sein des Fardc a été une faute, grave dont les conséquences se vivent jusqu’aujourd’hui.

Cette intégration le 23janvier 2008 à l’issue de la conférence sur la paix et le développement n’a toujours pas apporté de paix jusqu’à ce jour. Loin de là.

Au contraire, le pouvoir actuel a accordé des facilités et des faveurs aux ex rebelles, notamment en armes, en moyens logistiques et de communications. Pour tout dire, les éléments du Cndp ont été choyés par rapport au reste de l’armée. Ce favoritisme serait à l’origine des affrontements que l’on déplore actuellement, soutiennent nos deux élus provinciaux.

A.Sumaili Pene Ndjadi

Source: 7sur7.cd

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