/ GEOECONOMIE/ LE SOMMET TURQUIE-AFRIQUE A MALABO

Luc MICHEL

/ 2014 11 24/

EODE TT - 2e Sommet Turquie Afrique (2014 11 24) FRIl y a un Erdogan autocrate et nouveau Sultan. Celui des émeutes du Parc Gazi et du soutien au renversement du Président Assad en Syrie. Mais il y a aussi un autre Erdogan leader d’une économie turque en pleine expansion, en Afrique notamment.

ENCORE UN SOMMET REUSSI A MALABO POUR LE PRESIDENT EQUATO-GUINEEN OBIANG GNEMA MBASSOGO

Le SOMMET DE PARTENARIAT TURQUIE-AFRIQUE s’est tenu du 19 au 21 novembre 2014 à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale.

La première édition s’était déroulée à Istanbul … ‘La politique d’ouverture africaine’ de la Turquie y a laissé place à la politique de partenariat avec l’Afrique. Le sommet visait à « développer davantage le partenariat stratégique entre la Turquie et les pays d’Afrique qui représentent un tiers des pays du monde ».

Représentant tous les pays du continent africain, la Mauritanie, l’Ethiopie, l’Algérie, le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Libye, le Zimbabwe, le Kenya, le Ghana, le Tchad, la République Démocratique du Congo et l’Egypte ont été invités au sommet. Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l’Union Africaine (UA), a pris part à cette importante rencontre. Le Président de l’Union Africaine a promis de relancer le plan africain pour la sécurité et la paix et a renouvelé l’engagement de l’Afrique à renforcer son partenariat avec la Turquie. L’Algérie, membre fondateur du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), était représentée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, accompagné du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.

Plusieurs Chefs d’Etat africains tels que Robert Mugabe (Zimbabwe), Mahamadou Issoufou (Niger) ou Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie) ; le Premier ministre du Gabon, Daniel Ondo ; des délégations africaines représentant 45 pays ; des représentants de l’Union africaine (UA) et des Communautés économiques régionales du continent assistaient au Sommet.

Le sommet avait pour thème un « modèle de nouveau partenariat pour le développement durable et le renforcement de l’intégration en Afrique », qui prévoit d’assurer la participation au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement de ces pays d’Afrique. Le président de la République turque Recep Tayyip Erdoğan et une délégation de 200 personnes ont pris part au sommet pour représenter la Turquie.

D’autre part le niveau actuel du partenariat, la détermination d’un cadre relatif à a période à venir et au plan d’application 2014-2018 ainsi que l’approbation d’une déclaration ont été traités lors du sommet.

LA POLITIQUE TURQUE DE PARTENARIAT AVEC L’AFRIQUE…

La politique d’ouverture africaine de la Turquie a assuré une avancée rapide dans un grand nombre de domaines allant du volume commercial qui se développe sur la base des principes ‘de partenariat équitable et bénéfice commun’, au mécanisme de dialogue politique, ainsi que des activités scolaires aux investissements économiques.

En 2013, la Turquie a haussé à 30 son nombre d’ambassades et de bureaux de conseiller commercial en Afrique alors qu’elle n’avait que sept ambassades et un bureau de conseiller commercial en 2003.

Une hausse considérable et visible a été enregistrée dans les vols, le nombre de touristes et les données d’exportation et d’importation entre la Turquie et l’Afrique durant ces 10 dernières années.

Selon les données du ministère turc de l’Economie, le taux d’exportation de la Turquie avec l’Afrique atteint les 9,3 %, celui de l’importation les 3,7 %, celui des investissements à l’étranger les 3,6 % et enfin celui des services de construction à l’étranger les 18,1 %.

Au cours des assises, l’Afrique et la Turquie ont « tracé un cadre de coopération à travers une nouvelle politique de partenariat et dégagé un plan conjoint dont la mise en œuvre s’étalera sur la période 2014/2018 ». Au plan politique, « la diplomatie turque entend adopter des positions harmonisées avec le continent et contribuer au règlement pacifique des conflits, déclarait récemment un ambassadeur dans la presse continentale ». Pour le volet coopération économique, africains et turcs vont s’engagent dans un processus d’établissement « d’échanges économiques et commerciaux donnant un élan décisif à l’investissement ».

UN « PARTENARIAT GAGNANT-GAGNANT »

A la veille du sommet, lors de la réunion ministérielle, les intervenants avaient insisté sur la volonté des pays africains de réussir un partenariat multisectoriel avec la Turquie dont la présence ne cesse de s’intensifier à travers le continent. « Le partenariat gagnant-gagnant a connu une évolution traduite par la croissance des investissements turcs à travers le continent », se sont félicités des ministres africains et des responsables de l’UA.

Du côté turc, le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavucuglu, a déclaré que le sommet va contribuer au « renforcement des liens économiques, politiques et sociaux entre l’Afrique et la Turquie », soulignant que l’amélioration du partenariat témoigne de « la volonté d’aller ensemble » au bénéfice des peuples d’Afrique et de Turquie qui doivent, a-t-il dit, « explorer toutes les pistes pour mieux partager l’avenir ».

L’Union africaine (UA) avait déclaré la Turquie partenaire officiel, en 2008, l’année de la tenue, à Istanbul, du premier sommet Afrique-Turquie qui avait adopté deux documents de base, en l’occurrence, « la déclaration d’Istanbul » et « le cadre de la coopération ».

Il y est notamment précisé les domaines de coopération entre les deux parties. Une mise en œuvre Plan 2010-2014 a été conjointement élaborée sur la base des relations bilatérales entre les pays d’Afrique et la Turquie, en prenant compte les potentialités économiques en vue de hisser, au plus haut, une coopération multisectorielle au bénéfice de l’Afrique et de la Turquie.

ERDOGAN N’A PU S’EMPECHER D’ABORDER LA POLITIQUE TURQUE AU SOMMET

Au Palais des Conférences de Sipopo, dans le cadre du IIème Sommet Afrique-Turquie, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a prononcé un discours dans lequel il a appelé les Chefs d’État africains à se méfier des « dangereuses organisations qui opèrent dans leurs pays » faisant une référence claire au mouvement Service de Fethullah Gülen. « Nous voyons que certaines structures dangereuses tentent d’influencer la Turquie et certains pays africains sous couvert d’organisations non gouvernementales ou de travailleurs volontaires de l’éducation. Nous surveillons cela attentivement. Nous attendons de nos amis en Afrique d’être conscients de cette menace, et je tiens à souligner que nous sommes prêts à échanger des renseignements pour lutter contre ces organisations », a-t-il déclaré.

Le mouvement Gülen est actif dans le secteur de l’éducation, avec plus de 1 000 écoles dans plus de 140 pays, y compris en Afrique. Ancien allié islamiste de l’AKP d’Erdogan, Fethullah Gülen est devenu son ennemi radical.

LA LUTTE CONTRE EBOLA PAS OUBLIEE

Erdoğan a également annoncé une aide supplémentaire de 5 millions de dollars de la Turquie pour aider à la lutte contre l’épidémie d’Ebola en Afrique. La maladie a tué au moins 4.877 personnes depuis le début de février 20144. Le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée ont été les plus durement touchés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié Ebola comme « l’un des virus les plus virulents » au monde.

Le président mauritanien a exprimé sa compassion aux parents des victimes souhaitant la guérison rapide des malades. Il a appelé l’assistance à observer une minute de silence aux mémoires des victimes d’Ebola.

LE SOMMET AFRIQUE-TURQUIE DÉMONTRE L’IMPORTANCE DE L’AFRIQUE EN TERMES POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET STRATÉGIQUE » (OBIANG GNEMA MBASSOGO)

Teodoro Obiang Nguema, président de la Guinée équatoriale et hôte de ce Sommet, a prononcé un discours de clôture en affirmant que des événements internationaux « comme le Sommet Afrique-Turquie démontrent l’importance de l’Afrique en termes politique, économique et stratégique. »

Par ailleurs, les président Obiang et Erdoğan se sont également rencontrés afin d’analyser comment ils pourraient renforcer la coopération bilatérale entre leurs pays. Puis, ils ont visité le centre commercial qui est construit par l’entreprise turque de BTP, Summa, à Sipopo.

Parmi les accords signés entre les deux pays par les ministres des Affaires étrangères Agapito Mba Mokuy et Mevlut Çavusoglu, figure un accord sur l’exemption réciproque des visas pour les titulaires de passeports diplomatiques entre la Turquie et la Guinée équatoriale, ainsi que plusieurs accords dans le domaine culturel, sur le commerce et la coopération économique et technique.

Dans le pavillon d’honneur de l’aéroport de Malabo, Erdoğan a invité son homologue équato-guinéen à se rendre bientôt en visite officielle en Turquie. Selon le site gouvernemental, les deux hommes ont redit publiquement « leur adhésion continue à la démocratie pour le développement, les droits de l’homme et la bonne gouvernance ».

Luc MICHEL
Avec EODE Zone Africa – EODE Zone Turkey/
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