France – François Hollande Voyage en Ferry

Le « Ferry »-Boat, Un Voyage
Décalé Dans le Temps

Le monde jadis sous dépendance maintient l’œil dans le rétroviseur et comprend chaque acte posé comme une résurgence du passé. Le pèlerinage de Hollande à Jules Ferry reste ainsi un voyage décalé dans le temps.

François Hollande a servi une pastiche à Sarkozy dans la composition du gouvernement du 16 mai en se lançant lui aussi dans une recherche impossible de la diversité comme facteur de stabilité socio-politique ; alors que le président battu voulait retrouver tout le microcosme sociologique parisien (toute la société d’en bas) au niveau de la République, sans cloisonnement idéologique, de la gauche à la Droite sans excès ni extrémisme, le premier gouvernement Ayrault s’est prudemment limité à la seule variété de gauche, avec les Territoires et Départements d’Outre-mer (Dom-Tom) de Taubirat et les immigrés de l’avant-dernière génération représentée au niveau d’un ministère délégué avec Yamina Benguigui (Français de l’étranger et francophonie).
La position protocolaire de l’ancienne radicale de Gauche (3ème) devrait aider à apaiser la tension née le 15 mai avec la visite à Ferry. François Hollande non encore revenu de la coloniale y voyait un populiste de gauche ayant aidé à la lutte contre les inégalités sociales avec l’école « gratuite, obligatoire, laïque ». D’autres, libérés de la nuit des temps immémoriaux, se sont placés dans une perspective de liberté reconquise et de dignité qui ne voyaient, eux du décalage historique qui se placent 127 plus tard dans une société de libertés et de dignité retrouvées, que chantre d’un certain eugénisme propre à l’histoire de France dans ses relations avec les peuplades du Sud. C’est la compréhension qu’il faut en avoir, et aucune autre. Même si la France refuse de grandir, de mûrir, déchirée dans un passé-présent inhibiteur. Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Est-il alors possible d’assumer son histoire progressive avec, comme disait Freud, un « oubli (qui) nous gouverne « ? L’absence de relation, au sens de Freud
Patrick Chamoiseau (1)estime en tout cas que pareille attitude empêcherait ainsi une « irresponsabilité collective » en ce sens qu’elle aiderait à « exister en tant qu’entité singulière qui a son histoire propre, et des appartenances multiples, et cet épanouissement ne peut se faire dans un cadre d’irresponsabilité collective. Nous devons entrer dans un processus responsable qui nous permettra d’accéder en toute autonomie à une véritable relation avec la France. La relation actuelle est une relation de sujétion assistée et dépendante, ce n’est donc pas une relation… »

Invitant la France à se débarrasser de l’esprit colonial qui préside à ses relations avec les Département territoires d’Outre-mer (et avec toutes les autres Nations d’ailleurs, ce qui fait sa faiblesse atavique) Chamoiseau n’en usera pas moins d’un vocable de colonisé en avançant l’idée d’une indépendance sous une nouvelle problématique que ne saurait être « une séparation ou une rupture, mais l’entrée en relations véritables avec les « partenaires » que les aléas de l’Histoire ont mis sur notre chemin. Le rayonnement d’une grande nation ne passe plus par la mise sous une botte, mais par sa capacité à libérer, à exalter, à devenir un espace attracteur pour toutes ces fluidités relationnelles qui ont cours aujourd’hui dans le monde. Exister véritablement au monde c’est s’inscrire dans un flux relationnel qui n’existe pas dans les rapports verticaux que maintient « l’esprit colonial ».

L’interprétation verticale de tout acte comme relevant du simple fait colonial (entre Noirs & Blancs) avait pourtant amené Jacques Chirac, en janvier 2006, à tenter une meilleure articulation des relations culturelles avec la suppression de l’article 4 de la loi de février 2005 relatif aux « aspects positifs de la colonisation  »
Elle avait pris le relais des violences d’octobre-novembre 1995 et ajouté à la division de la communauté française de France, de Navarre et des Départements et Territoires d’Outre-Mer (Dom-Tom). Les articles 1 et 4 de la loi du 23 février 2005 sur « le rôle positif de la présence française Outre-Mer » justifiant de ce fait la traite négrière, les différents crimes des armées coloniales et le pillage historique et actuel des pays qui étaient ou sont encore sous son influence sont venus en écho, bien que sur le tard, aux émeutes d’octobre-novembre dans les banlieues pauvres de France, « insurrection spontanée et désordonnée », selon les services des Renseignements généraux français (le 07 décembre 2005), moins prosélytes et puritains que ceux qui ont coûte que coûte voulu y voir la main de la religion et de la tradition d’hommes habitués à la polygamie, in fine, d’éléments extérieurs qui veulent d’une religion en France et non d’une religion de France, selon la formule de Nicolas Sarkozy.
Autant dire que François Hollande n’a rien inventé de neuf sous le soleil des tropiques avec ce voyage inopportun en Ferry.

(1) Prix Goncourt 1992, « L’Express », LEXPRESS.fr, publié le 20/02/2009

Source:koccbarmafall.skyrock.com

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