Etats-Unis/Soudan: Georges Bush et Omar El Béchir recherchés par la Justice

Georges Bush poursuivit par Amnesty international,

L’organisation de défense des droits de l’Homme « Amnesty international a appelé trois états africains (Zambie, Tanzanie et Ethiopie) à arrêter Georges W. Bush lors de sa prochaine visite.

Du 1er au 2 décembre 2011, Georges W. Bush se rend en Tanzanie puis en Ethiopie pour promouvoir un programme de santé axé sur les cancers du cerveau et du sein. Lancée en Septembre 2011, la campagne de la Fondation Bush est menée en collaboration avec des partenaires publics et privés, parmi lesquels les laboratoires Merck et GlaxoSmithkline, fabricants des vaccins contre le papillomavirus, cause du cancer du col de l’utérus, ainsi que les fabricants de tests de diagnostic Qiagen et BD (Becton,Dickinson & Company).

Amnesty International poursuit l’ancien président américain, Georges W. Bush de «crimes» et de «actes de tortures».

Dans un communiqué, Amnesty International affirme qu’ « il y a suffisamment des preuves dans le domaine public, émanant des autorités américaines et de George W. Bush lui-même pour demander à ces trois états africains d’ouvrir une enquête sur sa présumée responsabilité dans les actes de torture, et pour s’assurer de sa présence pendant l’enquête».

L’ancien président des Etats-Unis a autorisé des méthodes de torture aux Etats-Unis sous couvert de « guerre contre le terrorisme » durant sa présidence des Etats-Unis (2001-2009), notamment le supplice de la baignoire, une simulation de noyade.

«Tous les pays dans lesquels Georges Bush se rend ont l’obligation de le déferrer devant la justice pour son rôle dans la torture » affirme Matt Pollard, conseiller juridique d’Amnesty International.

En octobre 2011, Amnesty international a fait la même démarche envers le Canada qui accueillait l’ex-président américain pour une conférence. Ottawa avait répondu en accusant de «banqueroute morale, de dégénérescence et de politisation».

En février 2011, Georges W. Bush avait annulé sa visite à Genève, en Suisse, après que plusieurs ONG dont Amnesty International avaient menacé de le faire arrêter.

Mandat de la CPI contre Omar el-Béchir, président du Soudan.

Le 14 juillet 2008, le procureur général de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo a accusé le président soudanais, Omar el-Béchir de porter une responsabilité pénale individuelle pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Darfour depuis 2003.

Soutenu par l’OTAN, le « Genocide intervention Network » et Amnesty international, le mandat d’arrêt international contre Omar el-Béchir a été publié par la CPI le 4 mars 2009. L’accusation porte sur chefs d’accusation: Assassinat, Extermination des ethnies Fuf, Massali et Zaghawa, le transfert forcé, la torture et le viol. À cela s’ajoute les crimes de guerre et le pillage.

N’étant pas signataire du Statut de Rome instituant la CPI, le Soudan prétend ne pas être obligé d’exécuter ce mandat, malgré la résolution 1593 du conseil de sécurité de l’ONU qui l’invite à coopérer avec la CPI.

L’inculpation d’Omar el-Béchir, premier président en exercice mis en examen par une cour pénale internationale, pose une série des problèmes à ses pairs dont la plupart n’osent guère parler de ce mandat. Chacun pouvant à tout moment tomber sous la même inculpation.
L’Egypte dirigé alors Hosni Moubarak s’était dit « très perturbé », Feu Mo’ammar Kadhafi, alors guide tout puissant de la Libye avait assimilé l’acte d’accusation à « du terrorisme et une tentative de recolonisation». La ligue arabe, dirigée alors par l’Egyptien Amr Moussa, avait exprimé sa solidarité avec le Soudan.

Un mandat d’arrêt international vraiment caduc ?

Évidemment, le concerné l’a rejeté en disant «Quiconque a visité le Darfour, a rencontré des responsables et découvert leurs ethnies et tribus … va savoir que toutes ces choses sont des mensonges».
Depuis il voyage à travers l’Afrique. En octobre 2009, il était invité au sommet de l’Union Africaine à Kampala par le président Yoweri Museveni, mais il n’est pas venu à cause des protestations de plusieurs ONG. Le 23 octobre 2009, il a été invité au Nigeria par feu Umaru Yar’Adua pour un autre sommet de l’U.A. et n’a pas été arrêté. En novembre 2009, il était au sommet de l’OCI en Turquie. Plus tard, il était invité à des conférences sur le changement climatique à Copenhague au Danemark.

Réélu président de la République avec 68% des voix le 26 avril 2010, il continue d’échapper au mandat d’arrêt international et à défier la justice en parcourant les capitales africaines en toute impunité (Kenya, Djibouti). Le 12 Juillet 2010, la Chambre préliminaire a délivré un second mandat d’arrêt pour le crime de génocide.

Même si son avion présidentiel est escorté en permanence par des avions de chasse soudanais pour n’est pas être arrêté dans l’espace internationale, ne finira-t-il pas un jour par poser à terre et être arrêté?

Des timides réactions africaines 

Le 28 novembre 2011, la branche kenyane de la commission internationale des juristes a délivré un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir, poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide et crimes contre l’humanité au Darfour.

Le tribunal en conséquence délivre un mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir à la demande du requérant (ICJ Kenya). Il reviendrait au Procureur général et au ministre de la Sécurité intérieure d’ordonner cette arrestation s’il devait remettre les pieds au Kenya“, a déclaré le juge de la Haute Cour du Kenya, Nicolas Ombija. Comme il fallait s’y attendre, le Soudan a réagi en expulsant l’ambassadeur du Kenya à Khartoum.

 

Selon la Commission internationale de juristes, le Kenya ayant ratifié le traité fondateur de la CPI, il est du devoir du gouvernement kenyan d’interpeller Omar el-Béchir lorsqu’il se trouve sur son territoire. Cela n’a pas été le cas, notamment lors de la visite du président soudanais à Nairobi, le 27 août 2010 pour l’inauguration de la nouvelle Constitution kenyane.

« Nous sommes allés en justice pour forcer le Kenya à respecter ses engagements. » a précisé George Kegoro, directeur exécutif de la Commission internationale des juristes Kenya.

Soucieux de ménager Karthoum, Moses Wetangula a annoncé ce mardi 29 novembre 2011 que le Kenya fera appel de la décision de la Haute Cour kenyane.

« Je voudrais qu’on me comprenne bien. Je n’exécuterai pas le mandat d’arrêt contre El-Béchir et je ne signerai pas les statuts de la CPI. […] Non pas parce que je suis opposé par principe à la justice internationale, ni parce que les chefs d’État sont au-dessus des lois, ni parce qu’El-Béchir serait a priori innocent des crimes qu’on lui reproche, mais parce que je n’ai pas confiance dans cette CPI » a indiqué le président rwandais, Paul Kagamé.Le Rwanda a envoyé 3200 soldats au Darfour dans une mission conjointe Union Africaine et ONU.

L’Union africaine (U.A.). a quant à elle, appelé, à plusieurs reprises, ses Etats membres à ne pas arrêter le président soudanais, accusant la CPI de concentrer ses poursuites contre les seuls responsables africains et estimant que l’arrestation d’Omar el-Béchir serait nuisible à la recherche de la paix entre les deux Soudan.

Pourra-t-elle le protéger également quand il ne sera plus au pouvoir comme George W. Bush dont le cas embarrasserait bien les Etats-Unis s’il était appréhendé à l’étranger?

Source: Forum d’échanges sur l’Afrique

http://forumechangeafrique.blogspot.com/2011/12/etats-unissoudan-georges-bush-et-omar.html

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