Etats-Unis et Israël, grands perdants du printemps arabe?

La chute des régimes dictatoriaux dans le monde arabe a modifié considérablement les relations internationales. Et ce n’est qu’un début. Le vent du printemps arabe pourrait encore faire trembler les murs des dictatures du Moyen-Orient. Entre les «gagnants» et les «perdants», qui profite réellement de ces bouleversements politiques?
Graham E. Fuller, auteur américain et spécialiste de l’extrémisme islamiste et ancien de la CIA, livre une tribune au Christian Science Monitor, dans laquelle il désigne d’abord les grands perdants de ce nouvel ordre mondial: les Etats-Unis et Israël.

Fuller explique que les dictateurs du Moyen-Orient qui ont maintenu jusqu’ici une certaine stabilité dans la région, en échange du soutien politique et financier des Américains, sont en passe de chuter. Selon lui, le Bahrein, la Jordanie ou encore l’Arabie Saoudite sont les prochains sur la liste. S’ils se démocratisent, ces pays pourraient devenir plus sévères à l’égard d’Israël. L’écrivain le concède, la chute du régime syrien de Bachar el-Assad hostile à Israël pourrait être une bonne nouvelle pour le gouvernement de Nétanyahou. Mais il doute qu’un  «nouveau régime sunnite dirigé par les Frères Musulmans, soit plus indulgent avec Israël qu’Assad.»

Par ailleurs, le désir de liberté et de démocratie dans les pays arabes pourrait renforcer le sentiment contre l’impérialisme des Etats-Unis qui ont tendance à vouloir intervenir dans tous les évènements, selon leurs intérêts. Ces pays n’éliront probablement pas de dirigeants pro-Américains. Pour preuve la montée de l’influence des partis islamistes et nationalistes. Aussi, l’Iran qui ne fait plus figure de champion de la lutte contre les régimes despotiques du Moyen-Orient, pourrait également être fragilisé.

Fuller décèle aussi deux groupes de grands gagnants. Tout d’abord, les peuples, évidemment. Même si, pour eux, l’avenir est encore incertain et la route vers la démocratie sera difficile. Enfin, les nouveaux pays émergents comme la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil ou la Turquie, pourront profiter de la perte de la suprémacie américaine pour jouer un rôle important dans cette nouvelle donne internationale.

Lu sur The Christian Science Monitor

 

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