En RDC, une fin de campagne agitée

L'opposant Etienne Tshisekedi, le 5 septembre 2011. AFP/JUNIOR KANNAH

L'opposant Etienne Tshisekedi, le 5 septembre 2011. AFP/JUNIOR KANNAH

Les élections présidentielle et législative de lundi s’annoncent mouvementées en République démocratique du Congo, où la communauté internationale a multiplié dimanche 27 novembre les appels au calme. La fin de la campagne a été marquée par des incidents meurtriers et des retards dans la préparation du vote.

Les Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne ont tour à tour invité les différentes parties à la retenue au lendemain de la mort d’au moins trois personnes, selon un bilan fourni par des sources internes à l’ONU. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a exhorté « tous les dirigeants politiques et la population (…) àfaire preuve de retenue durant tout le processus afin de garantir que les élections se déroulent dans un environnement pacifique et sûr ». Les rues de Kinshasa étaient néanmoins calmes dimanche.
MEETINGS INTERDITS
Les observateurs de l’UE ont de leur côté critiqué la police pour avoir privé Etienne Tshisekedi, l’un des principaux adversaires du président sortant Joseph Kabila, de son droit de mener campagne samedi à Kinshasa. A la suite d’incidents dans les rues de la capitale, cité tentaculaire de 10 millions d’habitants, les forces de l’ordre ont interdit samedi la tenue de meetings qui devaient avoir lieu à proximité les uns des autres.
A son arrivée à l’aéroport de Kinshasa, Etienne Tshisekedi a été bloqué par les forces de l’ordre, qui ont ouvert le feu pour disperser ses partisans venus l’accueillir. Interdit de mouvement, l’opposant historique, âgé de 78 ans, a lancé un appel à ses supporters pour qu’ils tentent de le rejoindre à l’aéroport et des journalistes ont vu des dizaines de milliers de ses fidèles descendre dans les rues de la capitale, son bastion. Les observateurs européens ont qualifié les agissements de la police à l’aéroport de Kinshasa de « grave obstacle » à la campagne d’Etienne Tshisekedi.
L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a fait état de huit morts pour la journée de samedi, tout en laissant entendre que le bilan pourrait être plus lourd. Les violences ne se limitent pas à Kinshasa. D’après une source sécuritaire, un militaire a été tué au cours de la nuit de samedi à dimanche dans l’attaque par des inconnus de la caserne de Vangu, à Lubumbashi. Un bâtiment public a aussi été pris d’assaut samedi à Kananga, dans le sud du pays, par des habitants soupçonnant des responsables locaux de mettre de côté des bulletins de vote en vue de frauder le jour des élections, a dit un responsable de l’ONU.
DÉFI LOGISTIQUE
Cette élection présidentielle est la deuxième en RDC depuis la fin de la guerre civile, qui, de 1998 à 2003, a fait des millions de morts. Son organisation constitue un défi logistique et on ignore si tous les bulletins pourront être acheminés à temps dans les 60 000 bureaux de vote de ce vaste pays d’Afrique centrale, en dépit d’hélicoptères fournis par l’Afrique du Sud et l’Angola.
Le chef de la commission électorale a tenu dimanche un discours rassurant. « Nous voulons vous garantir que, à 99 %, les choses se déroulent parfaitement, c’est notre engagement envers vous », a dit Daniel Ngoy Mulunda aux journalistes. Outre les problèmes d’acheminement des bulletins, certains électeurs ne connaissent pas avec certitude la localisation de leur bureau de vote.

Source: lemonde.fr

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