Embargo sur le pétrole iranien : lame à double tranchant

Le ministre iranien du Pétrole, qui  se trouve, à Doha, pour participer au 20ème Congrès mondial du pétrole, en réponse aux déclarations de Günther Oettinger, Commissaire européen à l’Énergie, concernant le consensus sur la nécessité d’appliquer un train d’embargos sur les importations de pétrole iranien, a déclaré que les pays occidentaux ont débuté leurs sanctions contre l’Iran, après la Révolution islamique, mais la production et les exportations du pétrole iranien se poursuivent toujours. Rostam Qassemi a précisé que l’économie de l’Iran est plus forte que, par le passé, d’autant plus que sa place, sur les scènes régionales et internationales, a été institutionnalisée, et que ces sanctions ne l’inquiètent nullement.

Qassemi a ajouté que tout arrêt  des exportations du pétrole iranien pourrait créer des problèmes, sur le marché mondial du pétrole. Günther Oettinger, Commissaire européen à l’Énergie, qui a participé, lui aussi, au Congrès mondial du pétrole, à Doha,  a déclaré, mardi, que «l’embargo pétrolier est un levier important, mais que d’autres pays devaient être intégrés dans cette politique. les Etats-Unis, bien évidemment et la Russie». L’embargo est une lame à double tranchant, qui aura des effets négatifs, sur beaucoup de pays européens et les Etats-Unis ; cette question revêt une importance, toute particulière, dans le domaine de l’énergie. Le prix moyen du baril, aux Etats-Unis et en Europe, a dépassé la barre des 100 dollars. De l’avis des analystes, l’embargo sur l’achat du pétrole iranien, s’il n’aboutissait pas à la duplication du prix, dans la situation la plus optimiste, enregistrerait une augmentation de 20 à 30 dollars. Et vu la crise économique, aux Etats-Unis et en Europe, cette augmentation  du prix  du pétrole y  aggravera davantage la situation. De ce fait, beaucoup d’experts mettent en garde, quant aux conséquences de l’embargo sur le pétrole iranien. Les pays européens importent, quotidiennement, 450.000 barils du pétrole iranien, à savoir 18% des exportations de l’Iran. De même, l’Italie, l’Espagne et la Grèce sont dépendants du pétrole iranien, pour assurer 13 % de leurs besoins. Pietro De Simone, le Directeur général de «Unione Petrolifera», (UP), a déclaré, dans une interview avec Reuters, que la sanction du pétrole iranien serait, sans nul doute, désastreuse. De ce fait, le consensus, sur la nécessité d’imposer un embargo, sur les importations de pétrole iranien que Günther Oettinger, Commissaire européen à l’énergie, a mis en avant, est plutôt une couverture, pour sauver les apparences. Certes, toute action hâtive, dans le droit fil d’imposer un embargo, sur le pétrole iranien, sera coûteuse. Pourtant, ce n’est qu’un aspect de cette question, et l’autre aspect concerne la capacité et la compétence de l’Iran, et la transformation des sanctions en opportunités, pour ce dernier, que les Etats-Unis et l’Europe ne peuvent pas négliger, dans leur calcul. D’autant plus que leurs sanctions unilatérales imposées contre l’Iran contrarient les lois du libre commerce mondial. Au cours de ces dernières années, les Etats-Unis ont fait approuver 4 résolutions anti-iraniennes, au Conseil de sécurité, et, outre cela, ils ont imposé des sanctions unilatérales contre Téhéran. Mais, à présent, la récession économique, l’augmentation du chômage, 15 trillions de dollars de dettes et un déficit budgétaire gigantesque, aux Etats-Unis, ainsi que la crise financière accrue de l’Union européenne, ont suscité les protestations populaires, en Occident.

Source: irib.ir

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