Egypte : un référendum sur la Constitution prévu le 15 décembre

Morsi a appelé tous les Egyptiens, qu’ils soient pour ou contre le projet, à aller se prononcer.

Le président égyptien Mohamed Morsi a annoncé samedi soir qu’il appelait la population égyptienne à se prononcer par référendum le 15 décembre sur le projet de Constitution adopté à la hâte cette semaine et qui divise le pays.

M. Morsi a fait cette annonce après que le président de la commission constituante lui a remis le projet final de loi fondamentale lors d’une cérémonie officielle au Caire. « Le projet de Constitution exprime les objectifs de la révolution » qui a contraint Hosni Moubarak à quitter le pouvoir en février 2011, après 30 ans à la tête du pays, a estimé M. Morsi.

Le président a appelé tous les Egyptiens, qu’ils soient pour ou contre le projet, à aller se prononcer: « Avec nous tous se construit la nation. La démocratie, c’est la participation. J’invite tous les citoyens à examiner avec précision et objectivité ce projet ».

« Je renouvelle l’invitation à l’ouverture d’un débat national sérieux autour des maux de la nation en toute franchise, pour mettre fin à la période de transition le plus vite possible et protéger notre démocratie naissante », a-t-il poursuivi.

La commission constituante a voté le projet de Constitution dans la nuit de jeudi à vendredi. Le texte, défendu par les islamistes dont est issu le président, est critiqué par les laïcs, les libéraux et la communauté chrétienne, qui l’accusent en particulier de porter atteinte à la liberté de religion et d’expression.

L’adoption en toute hâte de ce projet qui était enlisé depuis des mois est survenue en pleine crise politique provoquée par la décision de M. Morsi de s’octroyer le 22 novembre des prérogatives exceptionnelles, en particulier face au pouvoir judiciaire.

« Morsi soumet à référendum un projet de Constitution qui sape les libertés fondamentales et viole les valeurs universelles. La lutte continue », a lancé samedi soir l’opposant Mohamed ElBaradei sur son compte Twitter.

Samedi, des centaines de milliers de manifestants, issus des membres des Frères musulmans et des groupes salafistes, se sont rassemblés devant l’Université du Caire, où la police anti-émeute a été déployée.

« Nous voulons que cette transition se termine, nous voulons une Constitution. Si certains n’aiment pas cette Constitution, qu’ils le fassent savoir dans les urnes », a lancé un manifestant.

« Le peuple veut l’application de la loi de Dieu », scandaient d’autres personnes, parmi lesquelles des femmes voilées lançant des youyous.

Un arbre est tombé sur la foule près du principal podium à l’université, tuant un manifestant et en blessant 24 autres. Des manifestations pro-Morsi avaient lieu également à Alexandrie et dans la province d’Assiout (centre).

Les partisans de M. Morsi estiment que les dernières décisions vont permettre à l’Egypte, qui connaît une transition politique difficile, de se stabiliser et de consolider sa démocratisation.

Sur l’autre rive du Nil, des centaines de manifestants anti-Morsi campaient toujours sur la place Tahrir, épicentre de la révolte de 2011, où ils ont commencé un sit-in le 23 novembre, au lendemain du décret présidentiel.

Le Front de sauvegarde nationale (FSN), une coalition de partis d’opposition dirigée par Mohamed ElBaradei et Hamdeen Sabbahi, un ancien candidat à la présidentielle, a appelé les Egyptiens à rejeter le décret et à réclamer l’annulation du projet de Constitution.

La coalition a souligné dans un communiqué le droit du peuple à « utiliser tout moyen pacifique pour protester, dont la grève générale et la désobéissance civile ». Des dizaines de milliers d’anti-Morsi avaient manifesté vendredi soir sur la place Tahrir au Caire et dans de nombreuses autres villes du pays, en particulier à Alexandrie, où des heurts ont opposé pro et anti-Morsi.

 

Source: lorientlejour

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