De l’Antiquité au XIXe siècle, ces femmes qui ont fait l’Afrique

reines_africainesDe gauche à droite : Cléopâtre, reine d’Egypte, sur un fragment de bas-relief daté du Ier siècle av. J.-C. Anna Zingha, souveraine d’Angola, lithographie de François Le Villain (1830). Seh-Dong-Hong-Beh, redoutable chef des amazones du Dahomey, dessin de Frederick Forbes (1851). – Document Bridgeman.

Toutes ces reines antiques ou ces égéries contemporaines se sont fait valoir grâce à leur personnalité, leur beauté, mais pour beaucoup par leurs actes. Toutes différentes, mais portées par le même désir : contribuer à un avenir commun pour leur peuple.

 

Cléopâtre

Egypte, 69-30 av. J.-C.

Cléopâtre est un personnage phare dont la légende s’est emparée de son vivant. C’est sans aucun doute la femme la plus célèbre d’Egypte, mais aussi de toute l’Antiquité. Elle est considérée comme le dernier pharaon que l’Egypte ait connu. L’histoire raconte qu’elle était une négociatrice hors pair, d’une beauté atypique, comme le montrent les représentations. Même si son objectif était de protéger l’indépendance de l’Egypte, elle s’engage dans une relation avec César en 48 av. J.-C. Elle le suit à Rome et s’y installe. Cependant, la mort de son bien-aimé la contraint à un dur retour à la réalité. Le futur Auguste mène bataille pour annexer l’Egypte. Cléopâtre aime mieux mourir que de voir l’Egypte envahie.

Aminatu

Gambie, XVIe siècle

La reine Aminatu de Zaria est surnommée “la reine guerrière”. Elle avait pour but non seulement d’étendre son territoire jusqu’au nord-est de l’actuel Nigeria, mais aussi de développer les villes conquises. Pendant plus de trente ans, ses conquêtes font de son royaume le rendez-vous du commerce transsaharien. Selon une légende, Aminatu refusait de se marier et d’avoir une descendance. C’est pourquoi, dans chaque territoire qu’elle récupérait, elle passait la nuit avec l’homme de son choix. Qu’elle tuait au petit matin pour que ce dernier ne se vante pas d’avoir eu des relations intimes avec elle.

Anna Zingha

Angola, XVIIe siècle

Anna Zingha est reine du royaume d’Angola pendant plus d’un demi-siècle. Son long règne est marqué par bien des luttes et des victoires. Elle s’oppose farouchement aux ambitions du Portugal sur son royaume et dirige l’Angola d’une main de fer jusqu’à sa mort, à l’âge de 82 ans, ce qui est une prouesse à cette époque. Elle est souvent décrite comme une habile tacticienne, puisqu’elle résiste aux attaques des armées occidentales pendant trente ans ! Malheureusement, elle ne donne naissance à aucun héritier pour lui succéder. Elle est donc la dernière souveraine à régner sur le royaume d’Angola. Aujourd’hui, elle est connue comme “la reine dont la flèche trouve toujours le but”.

Kimpa Vita-Nsimba

Congo, XVIIe XVIIIe siècle

Kimpa Vita est une prophétesse congolaise. Elle grandit dans un climat de guerre entre les différentes tribus du royaume Kongo. Dès son enfance, elle est reconnue comme nganga marinda – autrement dit, une intermédiaire entre le monde des hommes et celui des esprits. Celle que l’on surnomma “la Jeanne d’Arc du Kongo” acquiert au fil des années une puissance qui menace celle du roi et des missionnaires. “Dona Vita” devient une figure mystique, vénérée par les gens qui l’écoutent. En 1706, deux ans après son arrivée à Mbanza-Kongo, c’est un spectacle horrible qui se déroule sur la place de la capitale : un bûcher a été préparé pour la prêtresse et sa famille. Un peu moins de trois siècles après Jeanne d’Arc, Kimpa Vita meurt en murmurant le nom de Jésus, rapportent les témoins.

Abla Pokou

Côte d’Ivoire, XVIIIe siècle

Abla Pokou est une reine d’Afrique de l’Ouest qui mène le peuple baoulé du Ghana vers la Côte d’Ivoire pour le libérer d’une guerre fratricide pour le contrôle du royaume d’Ashanti, au Ghana. La légende est connue de tous : elle raconte que la reine a dû sacrifier son fils pour traverser la rivière avec son peuple. Cette histoire serait à l’origine du nom “baoulé”. Lors du sacrifice de son enfant, elle se serait exclamée “ba oulié”, ce qui peut se traduire par “l’enfant est mort”. C’est le nom que portera son peuple, qu’elle installe en Côte d’Ivoire. Abla Pokou, princesse ashanti, est devenue la reine des Baoulé et a régné avec splendeur jusqu’en 1760.

Seh-Dong-Hong-Beh

Bénin, XIXe siècle

Son nom se traduit par “Dieu dit la vérité”. Elle est la chef des célèbres amazones [du Dahomey, ancien nom du Bénin], bien ancrées dans l’Histoire mais dont on oublie souvent la provenance. Aux alentours de 1850, Seh-Dong-Hong-Beh dirige cette armée composée de plus de 5 000 combattantes. Leur combat le plus connu est l’assaut lancé contre la forteresse Egba d’Abeokuta [au Nigeria]. A la fin du XIXe siècle, le roi du Dahomey Behanzin mène la guerre contre les colons français. Dans son armée de 10 000 guerriers, on trouve encore 1 200 amazones, qui se battent jusqu’à la mort. On raconte qu’elles ont préféré brûler leurs villages plutôt que de les abandonner aux colons.

Par  GRÂCE LOUBASSOU

Source: courrierinternational

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *