De la littérature à la religion: « L’Inculturation en question »(1) de Didace Malanda

L'inculturation 051-1-1Publié l’année passée aux éditions ICES, l’ouvrage « L’Inculturation en question » du père Didace Malanda a été l’objet d’une cérémonie de dédicace qui a eu lieu dans l’enceinte de la Congrégation du Saint Esprit de Paris, le samedi 9 mars 2013. « L’Inculturation en question », un essai biblique au cœur de la foi chrétienne en Afrique.

Un sujet sérieux traité par l’auteur et dont le fondement se trouve dans la foi chrétienne, une foi chrétienne qui pose le problème du salut spirituel apporté par Jésus Christ. Pour l’auteur, le salut spirituel, plus précisément la libération de tout esclavage de l’homme par l’homme se situe dans la foi.
En posant le problème de l’inculturation dans la foi, le père Didace Malanda, un Spiritain qui a été missionnaire aux deux Congo (Congo Brazzaville et République démocratique du Congo), au Cameroun et au Sénégal, soulève la pensée théologique africaine. Penser sa foi à partir de la culture africaine pour que lecture et interprétation de la Bible y trouvent son fondement. Avec la “pénétration” de la pensée de Dieu en Afrique, il y a eu choc des cultures spirituelles. Et il fallait faire un tri car tout n’est pas bon et bien dans n’importe quelle culture. Aussi, l’on ne peut pas emprunter chez l’autre si l’on n’est pas d’abord soi-même. La mission primordiale de l’Eglise étant de répandre la solidarité ainsi que la communion dans le monde, celle-ci a cru malheureusement au début de sa mission qu’il n y avait pas d’autres cultures que celle de l’Occident. Aussi, dans ses réflexions, le père Didace Malanda ressaie de “remettre les pendules à l’heure” en reconnaissant ce couac de l’Eglise. Aussi, pour avoir prêché dans plusieurs pays et ayant été confronté à plusieurs cultures, il demande que les missionnaires, quelle que soit leur origine, quel que soit le pays où ils exercent, doivent rester eux-mêmes mentalement. Ne pas se renier mais avoir un respect pour la culture du pays d’accueil et même la développer à travers la parole de Jésus. Ici, se pose l’épineux problème de la rencontre des civilisations: celle de l’étranger venu pour prêcher, et celle de l’autochtone qui a aussi une autre vision de Dieu. Et l’éditeur sur sa quatrième de couverture de préciser que “L’inculturation est l’oeuvre spécifique des croyants autochtones dans n’importe quel pays”. La foi peut se définir en tant que homme quelque part et c’est là où Jésus Christ peut rencontrer le croyant. L’Evangile ayant été porté par une culture, le croyant ne doit jamais renoncer à sa propre identité, mais doit être enrichi par l’identité de Jésus Christ. Aussi, les missionnaires occidentaux se sont trompés en transformant malheureusement la mission d’évangélisation en mission colonisatrice au contact avec les nouveaux peuples, plus précisément ceux des autres continents. Et le meilleur exemple d’inculturation s’avère celle de l’Ethiopie quand l’auteur écrit: « Le christianisme arrive donc en Ethiopie quand Saint Frumence de Tyr, appelé Férmenatos ou Abbâ Selama (Père de la paix) convertit le roi Azena et est ordonné évêque par Saint Athanase. Vers 480 un groupe de moines, « les neuf Saints », introduisent le monachisme. Ils contribuent à la diffusion du Christianisme en traduisant notamment les premiers textes religieux en langue guèse. »
“L’Inculturation en question”, un livre qui pose de grands problèmes théologiques en créant un pont entre le spirituel occidental et la pensée africaine. Et comme le fait constater l’auteur, “les religions africaines (…) sont des écoles d’ascèse par leurs systèmes initiatiques, elles ont des écoles de spiritualité et de vie mystique intense. Elles ont leurs couvents, leurs règles monastiques, leurs traditions de vie communautaire ».

Ce livre, un essai théologique qui ouvre un autre débat dans l’évolution et même la révolution de l’Eglise catholique qui se confronte maintenant à certaines réalités sociales et sociétales du monde moderne. Et si le Vatican et le nouveau pape François élu le 03 mars 2013 pouvaient en tenir compte. Cette réflexion de Didace Malanda apparaît aussi comme une source indéniable pour comprendre la pensée religieuse africaine et le travail de réflexion fourni par certains hommes d’église du continent.

Noël KODIA

(1) D. Malanda, « L’Inculturation en question », Collection Essai biblique, Ed. ICES, 2012, 261p. 23€

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