CRISE AU MALI: Les «manoeuvres» se multiplient

Des centaines d’éléments enrôlés par des recruteurs professionnels afin de rejoindre le nord du Mali via le Niger.

Les efforts en vue d’impliquer directement l’Algérie dans la crise malienne se poursuivent. Sur le plan diplomatique, les Etats-Unis et la France continuent de harceler Alger afin de l’amener à se délester de sa position de principe, en essayant de convaincre les responsables algériens à jouer un rôle régional conforme à sa dimension. Sur le plan opérationnel, le forcing est tout autre. Selon des sources bien informées, des dizaines de Sahraouis embrigadés par des réseaux mafieux liés au trafic de drogue et à l’immigration clandestine auraient été acheminés vers le territoire malien dans le but de rejoindre les groupes terroristes qui y sont présents.

Ces Sahraouis qui n’ont rien à voir avec la lutte de leur peuple ont pu traverser une partie du territoire mauritanien en profitant du désordre qui a suivi la tentative d’assassinat du président Ould Abdelaziz, ajoutent nos sources qui poursuivent que ces éléments sont présentés comme des combattants du front Polisario. Le but de cette opération vise en même temps à décrédibiliser une lutte légitime menée par un peuple avec lequel l’Algérie est solidaire, et à renforcer les rangs des groupes armés qui se trouvent dans le nord du Mali.
Observant une trêve qui dure depuis plus de dix ans, le front Polisario fait face à des tentatives incessantes d’infiltration de ses rangs par plusieurs organisations travaillant pour le compte de l’occupant.

Ce travail de sape ne date pas d’hier et ses concepteurs ne cachent nullement leur intention d’offrir aux Américains d’inscrire les combattants sahraouis sur la liste des groupes terroristes. Derrière cet acharnement à ternir le combat juste d’un peuple, c’est l’Algérie et ses positions de principe qui sont ciblées. Les mêmes sources font état de grands mouvements du côté du Tchad et du Soudan où des centaines d’éléments sont enrôlés par des recruteurs professionnels afin de rejoindre le nord du Mali via le Niger.

En tout, nos sources parlent d’un millier d’hommes qui ont déjà réussi à traverser le Ténéré du Niger, profitant de l’incapacité de ce pays à contrôler son territoire. A une dizaine de jours de l’expiration de l’ultimatum prononcé par le Conseil de sécurité de l’ONU aux pays de la Cédéao, pour présenter un plan d’action devant permettre de préparer une intervention militaire au nord du Mali, la tension monte gravement au niveau de cette zone principalement contrôlée par des réseaux terroristes, dont Al Qaïda au Maghreb islamique où tous les indices montrent que la guerre est inéluctable.

Des centaines de jihadistes affluent vers ce pays pauvre et meurtri depuis des semaines et les puissances occidentales laissent faire dans la mesure où leurs stratèges pensent qu’ils pourraient réunir le maximum de terroristes dans une seule région, ce qui, selon eux, facilitera leur élimination. Nos sources estiment aussi que le chaos qui règne actuellement dans la région de Beni walid aurait été programmé dans le but de faire diversion et permettre à des éléments terroristes libyens de rejoindre le Mujao. Il est à rappeler que la région de Beni walid est en train d’être transformée en une plaque tournante d’un gros trafic d’armes destinées au nord du Mali. Face à la triple menace (trafic d’armes, de drogue et terrorisme) qui se prépare au-delà de ses frontières, l’Algérie refuse de se positionner dans la logique de l’Etat impuissant.

Tout est fin-prêt pour préserver le territoire national, confient nos sources.
Des milliers de soldats aguerris, les troupes d’intervention spéciales, les forces aériennes sont en position. Tous les moyens aussi bien stratégiques, humains, logistiques que matériels ont été mis en œuvre.

 Par Ikram GHIOUA

Source: lexpressiondz

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