CRISE AU MALI: La France aura-t-elle le dernier mot?

Quelles sont les intentions réelles de la France au Sahel? Pourquoi soutient-elle une intervention militaire au Mali?

La coopération dans la lutte antiterroriste serait-elle sa seule préoccupation? Ou cherche-t-elle de nouveau la recolonisation du Mali à travers la Cedeao? Même si toutes ces démarches ne représentant pas les visées réelles de l’Hexagone, il n’en demeure pas moins que sa démarche bien organisée et ses méthodes précises renseignent sur sa volonté de bien s’installer.

D’ailleurs, à Bamako on l’accuse d’avoir crée le Mnla pour mieux déstabiliser le Mali! Tous les indices indiquent que la France veut avoir un pied solide au Mali en démontrant à la communauté internationale qu’elle a la solution à la crise malienne. Sinon, comment expliquer son empressement pour une intervention militaire? La crise qui prévaut actuellement au Mali constitue pour la France de François Hollande une ouverture pour son retour militaire sur le continent africain, autrement dit, l’aide qu’elle pense apporter aux Maliens n’est qu’un prétexte pour avoir de nouveau la mainmise sur l’Afrique.

En entravant la stratégie de l’Algérie qui refuse de porter atteinte à l’intégrité et la souveraineté d’un Etat et en déclinant toute forme d’ingérence, la France veut s’affirmer au Sahel, qu’elle continue à considérer comme son «pré-carré» africain, notamment depuis que les Etats-Unis d´Amérique gardent un œil vigilant sur le développement de la situation dans cette zone, tout en souhaitant voir l’Algérie jouer un rôle pivot dans la région. Comment dans ce cas expliquer les hésitations, voire le refus de l’Algérie au sujet d’une intervention militaire au Nord-Mali? Selon des stratèges bien avertis proches du dossier, une intervention militaire étrangère dans le contexte actuel peut avoir de graves conséquences sur les pays voisins, en particulier l’Algérie qui craint une déstabilisation totale dans toute la région.

Les mêmes sources soulignent que l’Algérie, qui voit d’un mauvais œil une présence militaire étrangère à ses frontières, tout en sachant que rien ne peut se faire sans elle, tient au respect du droit international et insiste sur le principe fondamental de non-ingérence dans les affaires internes d’un pays souverain, étant surtout un pays leader de la décolonisation, logique donc que l’Algérie soit un fervent partisan de la souveraineté des peuples. Accepter cette intervention telle que revendiquée par l’Elysée brisera aussi bien la crédibilité de l’Algérie qui s’est toujours tracée une stratégie basée sur le dialogue et la dissuasion passive qu’elle continue à soutenir, que
l’équilibre sécuritaire régional, pouvant transformer le Sahel en un Afghanistan et l’Algérie en un Pakistan en cas d’intervention militaire étrangère.

L’Algérie, qui vient d’exposer son approche lors d’une conférence internationale sur le Sahel et le Mali, à New-York en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU, aura-t-elle le dernier mot? La prochaine réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, à laquelle a appelé le président français, déterminera si oui ou non une intervention militaire est nécessaire au Mali. Si certains pensent que c’est inévitable, beaucoup croient que la décision du Conseil de sécurité sera en convergence avec le point de vue de l’Algérie.

Par Ikram GHIOUA

Source: lexpressiondz

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