Côte d’Ivoire – La CPI aux trousses des FRCI

Alors même que les commentaires élogieux au sujet de la condamnation de Thomas Lubanga n’ont pas encore tari, la Cour pénale internationale (CPI) fait parler d’elle à propos d’un autre dossier tout aussi sensible. Il s’agit de l’enquête qu’elle mène actuellement sur les exactions qui auraient été commises lors de la crise postélectorale ivoirienne de décembre 2010 à avril 2011.

Après le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye, le fait que les enquêteurs de la CPI se focalisent particulièrement sur le secteur de Duékoué, est perçu par beaucoup comme une volonté de la justice internationale d’y aller sans parti pris. Parce que selon les conclusions de rapports d’organismes internationaux de défense des droits de l’homme, en ce qui concerne l’ouest ivoirien, ce sont les troupes proches au président Alassane Ouattara qui pourraient etre inquiétées. Certaines promesses des dirigeants pourraient alors être mises à l’épreuve.

Rassemblement, réconciliation et unité sont, entre autres, les expressions qu’on aura entendues ces derniers temps en Côte d’Ivoire. Guillaume Soro, à la faveur de sa prise de fonction au poste de président de l’Assemblée nationale ivoirienne, avait fait allusion à la nécessité de la réconciliation nationale.

Le nouveau premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio, en avait également parlé comme une des priorités de sa nouvelle équipe.

Si tout va bien, on aura bientôt l’occasion de mesurer le degré de sincérité avec laquelle, eux et le président Alassane Ouattara, disent vouloir de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. Parce que quelque part, qui parle de réconciliation suppose une justice impartiale. A la fin des enquêtes actuellement en cours dans l’ouest du pays, ils pourraient avoir l’opportunité de faire valoir cette impartialité.

En tout cas, en attendant, la probabilité est très grande pour que les fouilles de Douékoué finissent par aboutir à la présence effective de charniers. Car même si les exhumations ne sont pas encore à l’ordre du jour, les instruments sophistiqués dont les médecins légistes se sont servis laissent entrevoir des conclusions plutôt accablantes pour les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

En effet, aussi bien la sonde archéologique que le drone ou encore les coordonnées GPS amènent les enquêteurs à envisager la présence de fosses communes à Douékoué comme une évidence. Or, il est unanimement admis que ce sont les forces proches au président ivoirien qui avaient opéré dans ce secteur.

Ceux qui avaient vu dans la poursuite et l’inculpation de Gbagbo et de ses proches, la marque d’une justice à deux vitesses, seront bientôt fixés. Parce qu’il faudra bien que, lorsque des mandats d’arrêt seront émis, que Guillaume Soro et Alassane Ouattara laissent la justice agir, sans état d’âme. Et, laisser certains des membres des FRCI entre les mains de la CPI reviendrait, pour les deux plus grandes personnalités de l’Etat ivoirien, à scier la branche sur laquelle elles sont toutes deux installées.

Parce que ce n’est un secret pour personne que l’ancienne rébellion des Forces Nouvelles, est celle sur laquelle repose le pouvoir ivoirien. GCI suit pour vous.

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

Source:connectionivoirienne.net

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