Côte-d’Ivoire: entre attaques et réformes, l’armée Frci se fissure (Analyse)

Par Gbansé, Douadé Alexis*

Par Gbansé, Douadé Alexis*

Par Gbansé, Douadé Alexis*
La guerre dit-on est plus facile à mettre en pratique, mais plus compliqué et extrêmement complexe est le chemin ensuite vers la paix. L’actuel ministre de la défense et président de la république de Côte-d’Ivoire, Alassane Ouattara et ses collaborateurs du RDR, doivent en ces moments difficiles se passer et se repasser, cette vérité claire comme l’eau de roche.
En fin d’après-midi ce lundi, Abidjan est calme et semble avoir retrouvé la normalité. Les présences militaires renforcées aux carrefours jugés importants, le corridor de Gesco (sortie de Yopougon) fermé, la présence de pick-up surmontés de mitrailleuses lourdes, laissent pourtant transparaitre la psychose, une certaine nervosité sur la ville. Pendant ce temps, les populations s’activent à faire des réserves de nourriture et de produits de premières nécessités. Ayant en mémoire, la situation d’ »apocalypse » de mars-avril 2011.
Multiples attaques
Les attaques de ces dernières 48H finissent par convaincre les plus optimistes supporters d’Alassane Ouattara de la complexité et de la fragilité de la situation militaire, même si ceux-ci par orgueil ou par aveuglement, refusent de l’avouer sur la place publique. Les forces armées ivoiriennes officielles viennent en effet, en moins de 48H de subir pas moins de 4 violentes attaques soldées par plusieurs morts dans leur rang. Notamment à Abidjan dans au moins deux endroits (Akouédo et Yopougon Niangon) et dans la localité d’Abengourou à la frontière Est avec le Ghana. C’est tout naturellement que les populations ivoiriennes se posent des questions. Qu’est ce qui se passe ?
Plusieurs hypothèses sont avancées face au mur du « secret militaire » des autorités. La diversité des protagonistes potentiels démontre de la complexité de la situation militaire.
Les scénarios
Au stade actuel de nos informations, patiemment recueillies depuis ce petit matin, les diverses attaques sont selon toute vraisemblance l’œuvre d’éléments ayant participé à l’accession de Ouattara au pouvoir, mais désormais mécontents de leurs situations de « bon a rien ». Un mécontentement selon nos sources, lié à la reforme en cours de l’armée.
Première hypothèse. Combien de combattants sont-ils susceptibles d’être intégrés à la nouvelle armée ? L’ONUCI avance un chiffre de base 88 mille éléments à mesure de postuler à l’une des 33 mille places promises par le président Ouattara, néo-ministre de la défense. Le Programme National de Réinsertion et de Réhabilitation Communautaire (PNRRC) coordonné par Daniel Ouattara, un proche de Soro Guillaume avance 107 mille éléments. Le président Ouattara maintiendrait lui toujours sa décision d’en intégrer que 33.000 dans la nouvelle armée.
La seconde hypothèse qui rejoint la première, est selon nos sources en rapport aux déguerpissements par la force effectués par la police militaire de Zakaria Koné. La presse ivoirienne s’est faite l’écho ces dernières semaines des affrontements entre police militaire et « ex soldats FRCI » qui s’opposaient à leur déguerpissement ou désarmement. Ces ex combattants désormais dans la nature avec armes et bagages pour les plus chanceux, réclameraient en retour leur butin de guerre, les 5 millions qui leur avaient été promis lors de leur engagement aux cotés des forces de Ouattara en guerre contre Laurent Gbagbo.

La troisième hypothèse met les anciens partisantes d’IB en scène. C’est en effet un secret de polichinelle que d’affirmer que ceux-ci, ruminent toujours leur vengeance. « Mais quel est leur intérêt à attaquer Akouédo ou un commissariat à Niangon ? Ils disent avoir affaire à Soro Guillaume, le « traitre » selon eux. Il me semble donc impensable que les partisans d’IB soient derrière ces attaques » coupe une de nos sources militaires à Abidjan.
Reste le dernier groupe, celui des pro-Gbagbo. Nos sources les écartent aussi, car à ce jour incapables de perpétrer des attaques à grande envergure, avec armes lourdes comme ce fut le cas à Akouédo, tôt lundi matin. « Pour faire cela, ils semblent encore trop affaiblis et peu structurés » résume notre source.
L’épineuse reforme de l’armée – La question des armes lourdes
En quittant la Primature, Soro Guillaume avait insisté sur l’importante question de la reforme de l’armée. Qui mieux que lui pouvait avertir du caractère explosif du processus de démobilisation, désarmement et réinsertion… ?
A ce stade en attendant les résultats des enquêtes officielles, la question de la reforme de l’armée qui divise autorités et au bas mot 55 mille ex-combattants, semble être à la base des divers assauts subis par l’armée FRCI ces dernières 48H. Ces soldats auxquels la hiérarchie militaire refuse de verser les 5 millions promis, espèrent-ils par ces attaques faire pression ? Surtout que selon certaines sources, l’introduction annoncée d’un nouvel uniforme le jour de l’indépendance (7 août) pourrait définitivement les mettre sur le carreau ? Sont-ils manipulés par des hommes politiques aux agendas masqués ? D’où viennent les armes lourdes utilisées par les assaillants du camp d’Akouédo ? Des sources militaires fortement introduites indiquent en effet que 80 à 95% des armes lourdes ayant servi contre Gbagbo, se retrouvent aujourd’hui à Korhogo et à Bouna (pour une petite partie) ? En ex zones rebelles.

* Directeur de publication de Connnectionivoirienne.net

Source:connectionivoirienne.net

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