Corne de l’Afrique

Ce texte, en vers libres, est un pamphlet qui décrit sans fard la profonde crise qu’ont déjà subie  et que continuent de subir encore beaucoup de pays africains. En effet, le pamphlétaire est donc loin de verser dans le misérabilisme, malgré l’exposé avec force détails des conséquences dramatiques de la famine et des guerres civiles. Au lieu de se réfugier dans les « sanglots du silence », il préfère étaler les problèmes internes et externes de l’Afrique sur la place publique. Bref, son propos est de sensibiliser en espérant voir éclore un continent en paix, uni et solidaire, afin de relever le défi du Millénaire, le développement de l’Afrique.

Pourquoi cette pluie de malheurs dans un profond puits
De misères occasionnant des transhumances involontaires,
Massives et récurrentes de milliers de familles vers d’autres
Cieux espérés plus cléments, mais hélas  plus hostiles?
Des squelettes d’hommes et des carcasses d’animaux, assoiffés,
Chétifs, faméliques et endeuillés, traversent un immense désert
Aride, sans oasis, sous un ciel désespérément bleu implacable.
Le convoi moribond et en danger permanent poursuit son périple terrestre
Et maritime, malgré les risques encourus au milieu d’une fournaise dont la chaleur
Accablante a été décrétée par un firmament sourd aux invocations
De ses fidèles adorateurs en quête de salut. Considéré comme une Providence,
A la grande surprise de l’assistance au regard hagard et au cœur lourd, le Maître
De céans indifférent s’est distingué par un mutisme inquiétant.
Pourquoi toute cette famine dans une partie du globe érigée
Pourtant en temple d’adoration entraînant tant de déplacements massifs
Et récurrents de milliers de familles vers d’autres cieux espérés
Plus cléments, mais hélas  plus hostiles?
Une partie de l’Afrique est encore rudement
Frappée par la sécheresse impitoyable, terrifiante et fatale !
Où sont toutes ces « fameuses institutions » africaines, budgétivores
Et inutilement engoncées dans des tenues de tenues de gala et coiffées de perruques
Nauséabondes, collantes et épidémiologiques,
Au moment où le reste du monde, loyalement, à juste titre uni, s’organise en volant
Vaille que vaille à notre secours ?
En tout cas, le silence, la passivité et l’insouciance habituels des États d’Afrique
Mal organisés, divisés et pillés ne cessent de m’inquiéter !
Pourquoi tant de déplacements massifs et récurrents
De milliers de familles vers d’autres cieux espérés
Plus cléments, mais hélas  plus hostiles?
Kenya, Somalie, Djibouti et Ouganda ont été balayés par une terrible sécheresse
Multipliant ainsi par quinze un taux de mortalité déjà élevé.
L’Afrique pathétique est-elle une Terre maudite sans lueur d’espoir et de perspective
En vue de la consolidation des Nations unies où règneront paix, concorde,
Sécurité et Autosuffisance alimentaire?
Pourquoi tant de morts parmi ces milliers de familles en exil forcé
Vers d’autres cieux espérés plus cléments, mais hélas  plus hostiles?
Afrique, ma pauvre Afrique ne cesse de s’engouffrer dans une misère inouïe
Et apocalyptique, en raison de sanglantes guerres tantôt frontalières, tantôt civiles,
Tantôt tribales, tantôt partisanes et claniques !
Après cinquante ans, le bilan de mon continent, rythmé par le bruit des bottes
Et le vrombissement de chars, reste désastreux et badigeonné de sang par le propre
Pinceau des Messies autoproclamés, gardiens du plus célèbre « Musée national »
Rempli d’ossements des victimes collatérales.
Pourquoi tant d’exactions injustifiées qui ont déjà décimé
Des milliers de familles en fuite vers d’autres cieux espérés
Plus cléments, mais hélas  plus hostiles et plus arides
Que leur patrie martyrisée et menacée de disparition?

Dame Diop
afriquedemocratie@afriquedemocratie.net

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