Considérations géopolitiques sur l’Iran et les guerres à venir

Dans les bras de fer récents que mène l’Amérique contre différents pays étrangers,…, l’Iran occupe une place centrale depuis plusieurs décennies, cet état souverain assez inclassable sur le plan géopolitique, a même le triste privilège d’avoir, semble-t-il, hérité de la position d’ennemi principal des Etats Unis depuis la chute de l’URSS, cette position a priori assez peu enviable place a pour conséquence que ce pays fait l’objet d’une attention toute particulière des politiques et analystes internationaux (….)

(…..) La récente réélection (redite) d’Obama à la Maison blanche par rapport au discours ultra-sioniste et va-t-en guerre d’un Romney laisserait espérer un peu de répit pour cette partie du monde, un peu seulement car les faits sont têtus et certaines réalités, écartées juste un moment, reviennent à la vitesse d’un boomerang, en raison des faits déjà énoncés l’Iran est à classer de toutes façons dans la catégorie des adversaires du bloc atlantico-sioniste qui domine actuellement militairement la planète ; cela dit les problèmes cruciaux rencontrés par cet attelage improbable formé entre l’état sioniste et la puissance américaine sont assez différents mais peuvent malheureusement conduire à des actions communes, actions violentes et destructrices !

En gros Israël est dans une logique de « fuite en avant » la guerre est comme consubstantielle à Israël qui pour garantir sa survie doit procéder à son expansion géographique par des guerres de conquête régulières, la guerre ou rien, la guerre sinon je meurs, comme un cycliste ne peut faire du surplace sans tomber, Israël ne peut rester en paix sans dépérir, donc en résumé pour Israël c’est « en avant toute », même s’il faut s’en prendre à un « gros morceau » comme l’Iran avec tout de même une réserve, qui est d’avoir l’assurance de la participation de l’Oncle Sam, question de masse critique, militairement parlant ..

Vu du côté US, les mobiles d’intervention contre l’Iran ne sont pas exactement les mêmes, tant s’en faut, l’intérêt de la puissance américaine dans la région est surtout de contrôler les hydrocarbures, à part cela elle risque gros pour pas forcément grand-chose à s’attaquer à la nation Perse, l’Iran n’est pas l’Irak et encore moins l’Afghanistan, voici donc le type de problématique sur lequel doivent plancher jour et nuit les stratèges du Pentagone, sachant que ces gens là n’ont aucun scrupule et sont d’un cynisme absolu, quels sont les différents scénarios à redouter ?

la guerre économique et idéologique :

On est déjà en plein dedans, c’est une sorte de guerre froide qui vise à isoler (stratégie de containment) l’adversaire par un blocus économique et une propagande idéologique comme cela fut appliqué vis-à-vis de l’URSS et de ses satellites durant les 40 années ayant suivi la 2ème guerre mondiale, stratégie qui s’est révélée payante pour avoir fini par provoquer l’effondrement intérieur de la puissance adverse presque sans coup férir, sans conflit armé en tout cas, les Etats Unis appliquent actuellement cette stratégie contre l’Iran, obligeant ses vassaux (comme la France) à abandonner toute coopération industrielle avec ce pays (ex : Peugeot PSA), de même au niveau idéologique en bloquant l’émission par satellite des chaines Iraniennes, il y a une volonté globale de l’empire US de nuire par tout moyen (encore non guerrier) à la république islamique, face à cela l’Iran devrait réorienter ses approvisionnements avec les pays non hostiles (Russie, Inde, Chine, etc…) pour au moins survivre « en attendant », le vainqueur d’une guerre d’usure étant celui qui parvient à tenir juste un jour de plus que son adversaire !

la guerre « tout court » :

On vient de le voir, Israël, avec le Likoud à sa tète, est de toutes façons « pour » mais a besoin de la participation active de son allié américain, quels pourraient être les motifs de remise en question de la position (encore prudente) d’adversité modérée des Etats Unis envers l’Iran en échange d’une attitude offensive ouverte ?

La réponse pourrait être « c’est que des fois, une bonne guerre », car la guerre n’est pas atroce pour tout le monde, certains en profitent et elle fait l’objet de nombreux calculs géopolitiques, quand on examine lucidement la situation économique des USA, celle-ci est absolument intenable du fait de sa dette abyssale et si elle ne s’est pas encore complètement écroulée c’est grâce à la suprématie du Dollar, imposé de fait comme devise mondiale et valeur de réserve que tous les partenaires commerciaux se doivent d’accepter, de gré ou de force, le moindre changement à ce paradigme signifierait l’écroulement complet du système financier mondial et la mort subite du géant américain, chose qu’il ne peut bien évidement pas accepter, un « bon » moyen de remettre en marche la machine économique est de faire fonctionner à fond l’industrie de guerre sans compter que le chaos global engendré par un conflit planétaire permet le plus souvent une remise à zéro des décomptes de dettes entre nations (reset aux compteurs), d’une pierre 2 coups, quand on vous le dit « une bonne guerre » avouez que c’est tentant ?

Avant de débuter une guerre, il faut normalement s’assurer de la gagner, donc s’en prendre de préférence à un adversaire nettement moins puissant que vous, il est donc hors de question pour les Etats Unis d’attaquer directement la Chine par exemple, par contre quelque guerre périphérique avec un ennemi pas trop redoutable serait une bonne diversion, si en plus cet ennemi est facile à « diaboliser » et que sa prise présente des avantages substantiels en terme de ressources, on tient là une proie de choix, voyons l’Iran par exemple, ne serait-il pas l’ennemi idéal dans le cadre d’un conflit limité ?

Les 2 derniers mots sont essentiels, à condition que le conflit soit limité, les tribulations actuellement en cours au niveau de la Syrie, en particulier les résistances constantes de la diplomatie russe font craindre le pire aux stratèges du Pentagone en cas d’attaque contre l’Iran, et si la Russie intervenait ? On aurait alors enfin droit à la « der des der », atomisés, vitrifiés, c’est que c’est ennuyeux si l’on doit aussi y passer, certainement ils doivent se dire « vu comme cela ce n’est pas le bon plan, il va falloir finasser », à n’en pas douter les 2 prochaines années vont être décisives, on va assister à un lancement régulier de « ballon d’essai » de l’administration américaine visant à tester la capacité d’adversité de l’ours Russe dans cette partie du Monde avec, c’est à craindre, la République Islamique comme enjeu majeur de cette nouvelle logique d’affrontement bloc contre bloc !

L’Iran, pays du milieu, une des plus vieilles civilisations antiques, ne peut être détruit sans entrainer dans sa chute la destruction d’un grand nombre de nations, son implication à notre époque comme pièce maitresse dans un conflit généralisé est une indication de plus que nous sommes bien à la veille d’une « fin des temps »

 Hieronymus

 

Source: french.irib

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