CONGO-BRAZZAVILLE : UNE ALTERNATIVE OU UNE ALTERNANCE A LA DICTATURE QUI RAVAGE LA VIE DES CONGOLAIS (CONTRIBUTION)

Par  nmargueritealphonse

<< La révolution, tout ce qui n’est pas elle  est pire qu’elle >>. Malraux.

Congo-brazzaDepuis la révolution  dite des  13,14 et 15 Aoùt 1963, la vie politique au Congo-Brazzaville, excepté les deux années (1990-1992) de transition démocratique – qui n’eut pas de suite à la mesure des aspirations du peuple -, est rythmée par les coups fourrés des politiciens que le système né de ce mouvement a fait connaître: coups de force, assassinats, guerres et autres tueries provoquées, raison d’être de tout système totalitaire – celui du Congo, après 1997,se présentant sous des formes plus ou moins remaniées - qui ne laisse que peu  ou point de place à une vie démocratique, essence  véritable de tout Etat de droit.

Les Congolais et Congolaises en rêvent toujours. Nulle occasion ne leur ait encore donné pour en jouir et vivre comme les autres peuples en démocratie, les délices de la liberté, de la justice sociale et de l’égalité.

Les « trois glorieuses journées » ont été , comme le voit, une stratégie en trompe -l’oeil. Ceux qui en ont recolté les dividendes, leurs vraies motivations, mises à nu par eux-mêmes, se dévoilent par l’image, depuis, que présente le pays à la face du monde: un nid de violences inouïes, insensées; un pays désarticulé qui, non plus, ne pourra espèrer avoir de salut dans le personnel politique (la génération 63 toujours active), ni dans la politique volontariste des dirigeants actuels qui, jamais n’effaceront de la mémoire du peuple, les affres du système -leur devant leur longévité aux affaires – qui l’endeuillent et lui produisent des effets traumatisants – pour l’affaiblir  et, ainsi, le régenter aussi longtemps que possible – depuis un démi-siècle.

La solution, pour vivre autrement bien, n’est pas en cette ploitique, aussi bonne soit-elle, mêlée de multipartisme de façade, mais en l’établissement sans encombre de la démocratie qui fera doter le pays d’institutions fiables, lesquelles, promouvront son essor – ce qui n’est  pas pour plaire, on le sait, à ce personnel politique, animé, dans sa grande majorité, par la pensée unique, allergique donc au pluralisme.

Au Congo-Brazzaville, certaines langues et non des moindres, professent – à qui veulent les entendre – qu’il n’est pas réalisable. Les disparités géographiques laissant  transparaître les régions du sud du pays plus peuplées que leurs voisines du nord ou encore des ethnies très minoritaires vis-à-vis des autres, majoritaires; état des choses qui n’est pas de nature à favoriser l’émergence d’un Etat véritablement démocratique.

Théorie obtuse, détraquée, abusive, dépassée et même ant-nationaliste, qui n’a d’égal, dans son ignominie, que l’état d’ésprit mat de ses auteurs. Quand on sait que la démocratie qui est l’exercice du pouvoir par le peuple, qui respecte le droit de tous, et donc des minorités politiques, sociales et culturelles est le meilleur, sinon le moins mauvais système politique. Les événements de Tunisie et d’Egypte nous en disent quelque chose, pour ne prendre en exemple que ces deux pays qui se cherchent  une voie de salut, défrayant, depuis le début de ce qui est appelé, printemps arabe, la chronique.

La théorie est donc dénuée de fondement. Et c’est comme cela, malheureusement, les choses ont été toujours vues, depuis même avant l’indépendance du pays, et sont restées en l’état, cultivant les mêmes rancunes, les mêmes haines, entonnant les mêmes rengaines (clivage nord-sud, ethnies majoritaires ou groupement social supérieur aux autres… ). Appréciations sans fondement aucun, sous-tendues par des considérations ubuesques. Qui sont devenues, à part entière, dans le microcosme politique congolais, des mœurs, sur lesquelles s’appuie tout régime.

Elles ne pourront résister à la déchéance de ceux qui y ont recours, qui peuplent le champ politique et sont constitués en partis-clan ( pouvoir comme opposition). Le clanisme n’est que l’autre face du tribalisme qui ne connaît que l’intérêt de ses membres.

Le salut du pays ne réside qu’en l’établissement d’un Etat de droit. Nul autre.

A quelques jours de la célébration du 53è anniversaire de la proclamation de l’indépendance, le devoir patriotique veut que en pareille occasion soient passés en revue les maux qui mine la bonne marche du pays. Les Congolais et les Congolaises devraient prendre leur destin en main et ne pas tomber, comme il l’est déjà, dans la décadence, par manque de vision salvatrice de son personnel politique.

Le temps, à trois ans de la fin du deuxième et  dernier (?) mandat de Sassou II à la tête de l’Etat, comme on peut s’en convaincre, et à la réflexion sur le comment construire, après 2016, une alternance au mieux une alternative démocratique, qui éloignerait le pays du spectre de la construction d’une alternance au pouvoir, comme ne peut que l’entrevoir le système, à défaut de voir le même homme , rempiler pour un troisième mandat – par des pratiques connues de tous -, qui ternirait fortement, il en est persuadé, son image déjà dégradée.

L’alternance, qui est la rupture avec le système politique dans son intégralité, qui doit être remodelé en profondeur, implique des ententes sur une politique. Tandis que l’alternative passe par la réalisation  de convergences démocrati-ques autour d’un projet global de transformation sociale et sociétaire.

On sait le pouvoir en place à Brazzaville allergique au changement. Le mot même, changement, lui fait peur. Car ils couleront, lui et ses mœurs rétrogrades avec. L’après 2016 est à la démocratie, à la liberté, à la justice, au pluralisme politique, syndical et culturel, à la justice sociale et aux droits de l’homme.

Le peuple Congolais qui s’est battu contre l’oppression et la répression de la colonisation pour recouvrer ces nobles droits en 1960, s’est retrouvé recolonisé par le système qui les a confisqués, au même moment, avec l’indépendance nationale, à son seul profit.

Valery a dit: << la politique consiste dans la conquête et  la conservation du pouvoir >>, mais que cela, pour l’après 2016, soit  dans le cadre précis des institutions démocratiques. Les règle du jeu, établies par elles selon la volonté du peuple, seule source du pouvoir.

Le peuple Congolais est  majeur, n’a pas besoin de tuteur, ni de chef de clan pour le guider, mais, tout simplement, des leaders au service su pays. Les Congolais et Congolaises doivent donc cesser d’être des sujets, et accéder à la citoyenneté. Les droits pour tous et pour chacun et chacune, il faut les inscrire dans les faits de manière tranquille, mais résolue et déterminée.

Les dictatures ont ceci de commun qu’elles ont toutes peur du peuple, qu’elles soumettent à des dures conditions et se servent de la force des armes pour se prémunir contre toute réaction pouvant venir de sa part. La force des armes à des limites.

Le vrai courage politique consiste en le respect des institutions que, pour le cas du Congo-Brazzaville, le pouvoir méprise, alors qu’il a eu à concocter seul, sans un regard participatif du peuple, la loi fondamentale.

Maintenant que dans le monde les langues se délient, l’environnement, propice au changement, que les Congolais et les Congolaises prennent leur courage à deux mains – pour le salut du pays -, se rassemblent et  se mobilisent en vue de créer les conditions du changement démocratique. Cela suppose, bien sûr, des préalables.

Cette entreprise d’intérêt national ne devra concerner que ceux qui partagent les mêmes valeurs démocratiques et poursuivent les mêmes objectifs: la souveraineté du peuple, la qualité de citoyen, la démocratie, la liberté et la justice. Ils sont à même d’impulser une dynamique nouvelle de construction démocratique de la société. Parce-que faisant le même constat à propos de l’état général du pays et pouvant ainsi mener le même  combat. Une attente, inutilement, passive de l’évolution de la situation, ne peut être la solution idoine,mais la provoquer – de façon, bien entendu, pacifique, en serait la meilleure, afin que l’action ait un écho, une adhésion enthousiaste de la population.

Cela est d’autant plus important, que le pays connaît une fracture sociale très importante, préjudiciable à sa survie même. Les vrais patriotes se reconnaîtront dans le travail de la préparation des fils et filles du pays en vue des batailles futures pour l’établissement d’un Etat de droit après la présidentielle de 216. Celle-ci donc, une occasion pour changer tout le système.

Il a mené le pays à l’impasse. Que les Congolais et les Congolaises qui se reconnaissent dans les valeurs démocratiques se rejoignent et se mobilisent pour le changement. C’est une exigence nationale.

Il faut recréer le lien national mis à mal par le champs politique où ne se sont dressées que des mauvaises herbes. La condition pour ce faire: dépasser la haine de soi et accepter l’autre. Faire revivre donc la grande famille congolaise, telle qu’elle a toujours existé, sans distinction de tribu ni de religion, en mettant tout simplement en avant le Congo qui est un et indivisible. le repli sur soi, n’étant pas la solution, relevant même de l’irresponsabilité. Il faut appeler à un pacte historique, à un contrat politique entre les forces démocratiques – le mouvement associatif et syndical mis à contribution – pour réaliser l’alternative au système politique. Que le bon sens donc habite les esprits à trois ans de l’échéance tant attendue et que la force de la raison triomphe de la raison de la force.

Le combat politique à venir, ce n’est ni contre des individus donnés, ni contre quoi que ce soit avec un élan revanchard, mais contre la dictature qui, depuis un demi-siècle, ravage la vie des Congolais, pour une répartition équitable du revenu national et des richesses nationales. Non donc au Congo à deux vitesses: les riches, qui le sont de façon indue, parce-quétant au pouvoir ou s’acoquinnant avec lui et les pauvres, parce-que n’ayant aucun moyen de changer leur condition, l’Etat ne leur venant à la rescousse. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, tous unis pour mettre un terme à la corruption – devenue une véritable institution – qui gère le pays  et son corollaire, la mal gouvernance. Osons (ou nous oserons), pour reprendre le titre célèbre d’un opuscule paru dans les années 70, au moment où la fameuse révolution battait son plein: 950.000, nous oserons – 950.000, évoquant le nombre d’habitants du pays à l’époque -pour un Congo libre, démocratique et social.

Ls partis politiques, qu »ils soient du pouvoir ou de l’opposition, se sont discrédités aux yeux du peuple. Ils ne représentent qu’eux-mêmes, ne reflètent en rien la réalité du pays,vue dans toutes ses composantes, n’étant, tout compte fait, que des miroirs des tribus et régions dont sont  originaires leurs membres. Des partis-clan.

La rassemblement et la mobilisation des Congolais pour le renouveau démocratique donnera autre chose que les faussetés mis en place par le génération 63, qui doit céder la place, le champ politique aux deux générations de l’indépendance nationale.

Tous les regards doivent être tournés vers elles; les valeurs sûres (avancées en âge), innocentes, n’ayant trempé , ni de près ni de loin, dans la bestialité des cinquantes dernières années, vont les rejoindre. Ainsi, à coup sûr, l’espace politique, après 2016, regorgera des grands partis nationaux (pas aussi nombreux, une multitude n’étant pas, nécessairement, un gage de bonne santé de la démocratie), des groupements associatifs et syndicaux véritablement autonomes, une société civile digne et une élite qui ne se verrait pas manipuler par un quelconque pouvoir, mais résolument engagée pour le pays.

Par  nmargueritealphonse

Source:nmargueritealphonse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *