Congo Brazzaville: Sassou Nguesso, mythomane ou affabulateur pervers

J’ai pris la saine habitude de ne plus écouter les fameux messages de Monsieur SASSOU-NGUESSO, car, il suffit d’avoir écouté celui qu’il nous a adressé la première année de son retour sanglant aux affaires, c’est le même qu’il reproduit chaque année, avec la petite variante qui consiste à rajouter aux premières non tenues, quelques nouvelles promesses.

Un ami chinois, que j’ai connu en Chine de Mao, à l’occasion du stage militaire que j’y ai effectué dans la Marine Nationale, mon ami SU TCHEN, qui a tenté l’aventure de prendre dans son précieux temps, quelques minutes pour écouter le dictateur d’OYO, discours qu’il s’est fait traduire en chinois, car ne parlant pas français, SU TCHEN est venu me voir dès le 1er janvier au matin, pour me faire remarquer que ce discours était quasi identique à celui qu’on lui avait traduit l’année passée. Le pauvre Chinois a simplement cru que son traducteur s’était trompé de discours.

Sassou l’incorrigible, dans son homélie ennuyeuse et dont les propriétés narcotiques sont avérées, vient de récidiver sa kyrielle de promesses abracadabrantes pour distraire l’opinion internationale. L’on pourrait dès lors s’interroger sur la nature réelle de celui qui nous tient lieu, malheureusement, de Président de la République: s’agit-il d’un mythomane ou d’un affabulateur pervers ?

Connaissant l’homme, nous avons beau avoir l’un pour l’autre une exécration certaine, je doute avec certitude qu’il soit un mythomane, car, le mythomane est celui qui croit en partie à ses propres mensonges. Or, Sassou, je le sais, ne croit pas une seule de toute sa litanie de promesses. Avec un sourire narquois, qu’il adresse chaque fois ce message, à une population qu’il croit, à juste titre, un troupeau de moutons de panurge. Il a conscience qu’il n’en réalisera aucune, inspiré par l’esprit satanique, sa seule volonté c’est de ruiner l’espérance de vie de toute une nation. Il n’est donc pas un mythomane pervers.

Serait-il alors un affabulateur pervers ? En tout cas, il en présente toutes les caractéristiques, l’affabulateur étant celui qui présente comme vraies des aventures imaginaires. Sassou a conscience que son verbiage à chaque fin d’année, n’est même pas de la politique velléitaire, il ne croit pas un seul instant, au moment où il formule des promesses, qu’il pourrait en réaliser une seule. Nous avons donc à la tête du pays, un affabulateur. Il est ensuite pervers, car, le pervers est celui qui est constamment inspiré par le plaisir à faire le mal. Sassou, tout au long de son mandat usurpé, et il en va de même de son premier séjour aux affaires, n’a dans son bilan, que la cargaison des malheurs de toute nature qu’il nous a fait subir à tous. Et les Congolais avaient jusqu’ici espéré sur un sursaut salutaire de l’opposition, notamment le fameux Front des Partis de l’opposition congolaise pour s’en débarrasser.

Depuis près de trois ans, hélas, les Congolais ont du déchanter, ce groupuscule des Partis membres du FPOC, n’est rien d’autre qu’un rassemblement de boute-en-train du monarque d’OYO, autrement dit, des agents patentés pour stimuler la gaieté de Sassou à chaque échéance électorale, l’accompagnant à la ligne de départ, par des candidatures fallacieuses qu’ils sont tenus de retirer la veille, moyennant rétribution, pour service rendu.

Toutes ces formations politiques sans exception, en tout cas leurs leaders, dont la sensibilité politique tourne au vent comme une girouette, qui, avec un discours trompeur réclament à Sassou l’assainissement du cadre électoral, et avec eux, de nombreux Congolais encore particulièrement naïfs, refusent de comprendre que la transformation démocratique de notre société que chacun appelle de ses vœux, ne peut passer que par la disparition des différences qui opposent les composantes de cette société qu’il convient de modifier. Or, un demi-siècle de tentative de cohabitation de ces différentes composantes ethniques, en tout cas entre le Sud et le Nord, a conduit à un complet délitement de l’espérance de la cohésion sociale, qui aurait conduit à la formation de la nation congolaise. Sassou-Nguesso le tyran d’OYO, est de toute notre histoire constitutionnelle, le plus grand et le plus pervers des tribalistes.

Il nous parle chaque jour et sans arrêt de l’unité nationale, dont la Constitution le rend comptable de sa garantie devant chacun de nous, pour nous servir au quotidien une Force dite publique où, l’origine ethnique est la condition pour accéder aux fonctions de commandement, avec un fagot de Généraux qui n’ont ni instruction ni culture. Une Administration dite publique, encombrée de bout en bout par des originaires du Nord. Depuis quelque temps, on assiste à un recrutement massif de Magistrats sur la base ethnique sans considération du mérite, car, il faut occuper le terrain partout. Jamais, en tout cas jamais, de mémoire de Congolais, le pays n’avait connu une telle vague d’ethnisation de l’Etat dans tous ses compartiments.

La politique de Sassou avec sa Loge PCT, est une doctrine du retour au tribalisme originaire exalté par les moyens de propagande moderne, c’est en tout cas tout le rebours de son serment. Il y a dans cette doctrine, le nazisme en puissance. Lorsque je proclame pour ma part que la solution idoine consiste en la proclamation de l’autonomie des régions, si non à l’éclatement pur et simple de ce qui nous tient lieu de République ; curieusement, ce sont ces mêmes tribalistes récalcitrants qui m’affublent de l’élogieuse étiquette de tribaliste, d’homme à l’approche dangereuse. Tu me tends ton anus dénudé, et tu voudrais que j’aie honte de regarder, franchement, qui trompe qui ?
La réalité est que nous avons désormais beau crier que le pays est mal géré, que nos Quartiers urbains manquent gravement d’eau potable, d’électricité, que nos Hôpitaux manquent de médicaments etc. vogue la galère ! Sassou s’en fiche et chaque jour que Dieu fait, il nous parle de l’électrification de nos Communes. A l’occasion du cinquantenaire de notre autonomie dite indépendance par abus langagier, les Ponténégrins ont vu leur Commune inondée de bout en bout, d’une banderole sur laquelle le Maire central VIAUDIO avait simplement inscrit sans la moindre réprobation de conscience, cette déclaration honteuse et mensongère et injurieuse : « AVEC SASSOU-NGUESSO, LA POLITIQUE DE LA MUNICIPALISATION ACCELEREE EST UNE REALITE ! »
Lorsque l’on sait que les Ponténégrins attendent qu’ils pleuvent pour se laver, faire la vaisselle, et laver leurs vêtements, que des Quartiers entiers sont sans eaux ni électricité depuis plusieurs années pour la plus part, depuis plusieurs mois pour les quelques rares chanceux, et que malgré tout la SNE et la SNDE ne s’empêchent pas de distribuer des quittances ; il faut simplement être un Maire non élu mais désigné pour faire preuve de telle cécité, et discourtoisie à l’égard de ses compatriotes.
La nation congolaise espérée par Fulbert YOULOU, Jacques OPANGAULT, Félix TCHICAYA, est passée de vie à trépas. Nous qui avons applaudi de nos deux mains le départ de Pascal LISSOUBA, constatons aujourd’hui, la peine dans l’âme que les changements même les plus souhaités ont leur mélancolie ; en chassant Pascal LISSOUBA du pouvoir, les Congolais ont cru devoir sauter un obstacle pour hélas tomber dans un piège.

Il nous faut donc prendre conscience résolument que le concept de nation tel qu’hérité du fait colonial, je le redis avec force et conviction, a été vécu chez nous comme un véritable holocauste culturel. La solution pour redevenir des gens civilisés et pouvoir bâtir une nation démocratique, consiste, comme en chirurgie médicale, d’opérer une liposuccion du corps social tout entier, pour en extirper la moisissure qui est la cause de son dysfonctionnement. Cette solution est une psychologie libératrice qui ne tient compte que de l’expérience sociale dont chacun peut faire le constat, sans recourir à un militantisme quel qu’il soit, ni d’aucun à priori religieux dont je ne conteste nullement la valeur, mais qui me paraît ne rien à voir dans un contexte qui se veut strictement expérimental. L’autonomie des régions, à défaut d’envisager l’éclatement du pays, est désormais une opération de salubrité publique.

Tous ces leaders des formations politiques du fameux FPOC, qui, doués de mentalité peu objective se laissent bercer par des certitudes admirables et sclérosantes et les schémas établis par le PCT et son chef, à quoi la naïveté a réduit le politique de nos jours, doivent savoir, qu’ils auraient mieux fait de se taire, plutôt que d’abuser de la patience des Congolais, en s’autoproclamant opposants, alors que dans leur ensemble, après s’être gavés d’idéologie indigeste du marxisme déshumanisé du PCT, ils surfent péniblement dans la tentative de muer en démocratiques. Les Congolais en ont tous marre, ils ont marre à la fois du PCT et de tous ces pseudo opposants. Nolens volens, nous nous acheminons vers la cassure, et bientôt, la population imposera sa volonté.

Lorsque l’on ne peut sauter assez haut pour monter à cheval, il convient d’éviter de sauter trop haut, au risque de se retrouver de l’autre côté du cheval. Les leaders des Partis du FPOC sont tous désormais archivés par l’histoire, comme des histrions de la politique.

Quant à Monsieur SASSOU-NGUESSO, malgré sa réélection à plus de 80%, rendu méfiant par la conscience de ses nombreux crimes économiques comme de sang, il vit constamment sous la protection d’une horde de miliciens tribaux aux frais du contribuable congolais, avec l’argent issu du pétrole de loangu.

Nous n’attendons plus qu’une chose, Monsieur SASSOU, c’est que tu foutes le camp !

Daniel NKOUTA

Source: zenga-mambu.com

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