Congo-Brazzaville – PANIQUE AU HAUT SOMMET

Les choses ne font que commencer. Les francafricains, suspendus aux soubressauts de la vie politique française à l’approche de l’élection présidentielle de mai 2012, attendent l’issue de cette échéance qui, sans nul doute, déterminera leur parcours futur dans les pays qu’ils dirigent. Amis de la droite traditionnelle, la perte plausible de l’élection ( d’après les sondages ) par Sarkozy, suscite chez eux plus d’inquiétude que d’optimisme.

A l’heure où l’on parle de la mort probable de la francafrique si la gauche passe aux affaires. Victime collatérale de cette « guerre » gauche-droite, le président congolais, Dénis Sassou-Nguesso, au lendemain de sa visite en France, le 08 fevrier 2012, où il a rencontré son homologue français, Nicolas Sarkozy, s’est vu obligé de répondre aux durs propos que lui a assénés Eva Joly, candidate à l’élection présidentielle d’Europe Ecologie, par l’entremise du gouvernement et du P.C.T, son parti. <<  Le Congo se porte bien. Les indicateurs sont  au vert  >>.

Voila ce qu’on peut retenir , en déhors des flèches lancées contre Eva Joly, de la déclaration du P.C.T, lue par Michel Odzoki, membre influent du parti, quelques heures après la diffusion de celle tout aussi bouffonne que louffoque du gouvernement sur les ondes de la radio nationale. Pour rappel, la candidate d’Europe Ecologie a, dans sa déclaration, chargé Sassou-Nguesso. Elle l’a traité d’assassin, de voleur invétéré de richesses du Congo-Brazzaville. Elle a aussi fustigé l’attitude paternaliste de Sarkozy, protecteur du dernier carré des dictateurs africains, membre actif de la Francafrique. On peut donc aisement comprendre ce que Sassou-Nguesso et Sarkozy ont pu se dire en cette période sensible d’avant éléction de mai 2012. Le souvenir de la triste affaire des valises bourrée d’argent … revélé entre -temps par un proche du pouvoir Sarkozy est encore vivace dans la mémoire des gens. Et la visite du premier congolais à son ami Sarkozy veut tout dire.

Attaqué de front, Sassou-Nguesso, visiblement non content d’être traité de personna non grata en France, a laissé libre cours à toute l’armada dont il dispose pour s’en prendre à Eva Joly. Panique au haut sommet ? On est pas loin de le penser. D’autant qu’il pouvait, à l’occasion, s’autoriser à porter plainte contre elle pour diffamation. Il ne l’a pas fait. Ce n’est un secret pour personne. Ce qu’ a laissé entendre la candidate d’Europe Ecologie – bien que cette fois en des termes virulents; ce qui a suscité peut-être sa colère – a toujours été dit par les hommes politiques français de gauche ( gauche radicale surtout), les ONG et les associations de défense des droits de l’homme. Rien donc de nouveau sous le soleil. Sauf que la réaction du pouvoir de Brazzaville laisse songeur les congolais, qui eux,  vivent au quotidien ce que  Sassou et ses hommes leur infligent, de Sassou I et Sassou II. Il aurait mieux fallu ne pas répondre …  Il s’en tirerait mieux. Le ridicule, c’est vrai,  ne tue pas. Le monde aussi, non plus,  n’est pas dupe. Simple gesticulation, on dirait,  des dictateurs, en mal de  vie, en ces temps-ci, décidement si changeant pour eux, qui leur reservent, on le voit, beaucoup de déconvenues.

Et revenons aux insinuations des sbires du pouvoir Sassou: <<  Le Congo se portre bien …  >>. L’effet  Eva  Joly méritait-il une telle parade ? Le dernier classement sur l’indice de dévéloppement humain classe le Congo-Brazzaville 137è sur 186 pays. Et un commentaire à propos de la situation socio-économique du pays dit ceci: <<  Le Congo-Brazzaville est un  pays peu peuplé ( 3.800.000 hab ) et peu dense (11.25 ha/km2 ) malgré une taille honorable ( 342.000 km2 ), ayant des ressources naturelles trés riches, minerais, pétrole, bois, mais qui sont très mal exploitées et mal reditribuées. On peut même se demander si elles sont redistribuées tout court.

Où peut donc passer toute cette richesse créee par les hausses des prix des matières premières, pétrole en tête, de ces dernières années ? les infrastructures sanitaires et sociales sont très en déça de ce que l’on pourrait attendre d’un pays riche en ressources et dont le dévéloppement économique, même s’il repose essentiellement sur  l’exploitation de cette richesse brute, est en pleine expansion. Transports, écoles, hopitaux, tout manque et n’est pas à la hauteur des attentes de la population, qui peine à joindre les deux bouts >>.

A quoi donc font allusion les fanfaronnades de mauvais goût  des gens du pouvoir ? Le Congo-Brazzaville se porte t-il bien, au regard de ce tableau si sombre, digne d’une république bananière ? Quels sont les indicateurs qui sont  au vert ? Avec des richesses mal exploitées et pas redistribuées, Eva Joly n’a t-elle pas raison d’avancer: Sassou-Nguesso, sans doute, c’est  20 °/o  du PIB du Congo-Brazzaville ?

Marguerite Alphonse

Source:nmargueritealphonse.over-blog.com

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