CONGO-BRAZZAVILLE. – À L’APPROCHE DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES – L’OPPOSITION : INCERTAINE, DÉBILITANTE ET SANS RÉELLE ENVERGURE

Publié le 4 Juin 2017

Congo-Brazza<< La démocratie exige que chacun pratique la vertu >>. Montesquieu

 

L’heure est grave au Congo. Et les acteurs politiques, dits de l’opposition, jouent aux pantins. Leur souci, en réalité, paraît être ailleurs. Le peuple, alors, sans utilité.

Comment ne pas s’offusquer de leur rôle sous Sassou II, depuis donc 1997, travestissant les règles les plus élémentaires qu’ils se doivent d’observer pour se rendre dignes de représenter le peuple et, prendre, par conséquent, la défense de ses intérêts.

Lorsqu’on interroge l’histoire, la plus récente, du pays, on est fixé sur la nature de l’opposition actuelle (opposition du pouvoir, opposition au pouvoir) dont un grand nombre de ses membres, sinon tous, à un moment ou à un autre, a eu à s’acoquiner au pouvoir ou le sert en sous-main. Et ils se disent, ainsi, être pour le changement. Peut-on vouloir être pour le changement lorsqu’on profite soi-même des inégalités que l’on prétend combattre ?

On est bien loin des partis de la période de transition démocratique (1990-1992) – bien qu’a connotation fortement régionale – ou du temps de la prestigieuse Confédération Syndicale Congolaise (C.S.C) qui, sous le parti unique, à partir de 1988, fit face vaillamment à Sassou I (1979-1990), jusqu’à le faire plier et, ainsi, le voir se résoudre à accepter une transition démocratique, qui aboutira, après une mémorable Conférence Nationale Souveraine, à l’organisation, en 1992, des premières élections pluralistes de l’histoire du Congo indépendant.

Oui, à ce moment-là, était permis, l’espoir, que le même Sassou-Ngesso a mis entre parenthèse, après ce que le pays a eu à endurer de juin à octobre 1997.

Entre 1990 et 1992, le peuple s’exprima librement, les partis se redirent responsables et l’élite, disponible, se montra, acquise à la cause du pays. Que s’est-il passé pour que l’on retombe si bas ?

Les acquis, de cette période folle pour les Congolais, n’ont pu être préservés. Pire, le peuple patauge dans la boue, victime du prolongement du système inique, né de la révolution dite des 13, 14 et 15 août 1963, avec son actuel maître à penser, Sassou-Ngesso, qui a bénéficié d’une période bénie, à nulle autre pareille, dans l’histoire du pays, où le pétrole, sa première richesse, a caracolé autour de 100 et 120 dollars le baril dans les années 2000 et 2012.

La manne d’argent récoltée n’a pu faire du Congo un pays émergent. Vingt ans de perdu, et une génération, une fois de plus, sacrifiée. Le pays s’est enfoncé dans une crise sans précédent. Tous les clignotants sont au rouge. Et la majeure partie de la population vit dans une misère sans nom, tandis-qu’une caste militaro-mafieuse s’est appropriée les richesses du pays, particulièrement la rente pétrolière. La corruption, devenue une véritable institution, un rôle majeur lui a été donné, celui de servir d’instrument pour garder le pouvoir.

Le peuple peut-il espérer voir des changements, de la sorte, ne fusse que dans son quotidien. Pas sûr vraiment. Avec une gouvernance inappropriée et une configuration politique des plus désastreuses, le bilan de Sassou II est catastrophique. Un échec dans tous les secteurs, notamment dans les domaines agricole et industriel, celui de l’éducation, de l’école primaire à l’Université, de la santé…

Une refonte de l’opposition est indispensable, d’autant que les mêmes erreurs vis à vis du pouvoir sont répétées à l’orée d’une grande échéance électorale, et n’augurent, dans l’immédiat donc, rien de bon. L’opposition du  » ventre  » se complaît dans des demi-mesures, ses membres, connaissant le tyran mieux, que quiconque, en dehors d’eux.

Le peuple n’a d’autres choix que de s’investir dans la lutte (autrement), et, suscitera, ainsi, par sa mobilisation et sa détermination à faire bouger les choses,  ses porte-voix qui, comme la C.S.C en 1990, feront face au pouvoir. Et renverser la donne.

Les rapports politiques et sociaux sont des rapports de force. Et on ne peut briser l’injustice, affronter la tyrannie du statu-quo et de l’argent, sans que l’on soit branché sur le réel, le concret.

La démocratie doit reprendre ses droits. Mais avec une nouvelle classe politique. Hormis, ceux sortis du moule des régimes assassins connus par le pays, ses membres redessine- ront, pour le bien du peuple, les contours de la scène politique congolaise.

La société civile doit être aux avant-postes de la lutte pour le changement et l’élite, acquise à la cause du pays, lui montrant la direction à suivre pour des lendemains qui chanteraient, liberté, démocratie, égalité et justice sociale.

Les législatives du 16 juillet 2017 ne sont d’aucune utilité pour l’avenir du pays. Le dernier régime du système né de la révolution de 1963 doit quitter la scène politique. C’est l’exigence principale du peuple Congolais.

Une seule solution s’impose, face à la dictature qui fait tant de mal au pays: une transition démocratique pour préparer l’alternance, qui est le droit souverain du peuple de choisir ses représentants au niveau des institutions élues de l’État, par des élections libres et honnêtes, ou mieux l’alternative, qui requiert la réalisation des convergences démocratiques autour d’un projet global de transformation sociale et sociétale.

Source: nmargueritealphonse.over-blog.com

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