Chronique : Tragicomédie américaine en Egypte

Par Chérif Abdedaïm, mercredi 21 août 2013

EgypteFace à la situation tragique en Egypte, l’administration Obama semble adopter le jeu de la carotte et du bâton. Ayant soutenu les Frères musulmans en espérant qu’ils allaient jouer le jeu pseudo-démocratique, les voilà qui les abandonnent à leur sort pour se positionner sur la dictature d’Al Sissi.
Au moment où le sang coule quotidiennement dans les rues égyptiennes,  la diplomatie américaine fait semblant hésiter sur l’adoption d’une définition claire de ce qui s’est passé le 3 juillet. Coup d’Etat ou transition démocratique ? Et pourtant, les pertes très élevées (pour les premiers affrontements, officiellement près de 300 morts, les Frères Musulmans  avançant des chiffres jusqu’à 2.000 morts) ont soulevé l’habituelle vague de protestation de la « communauté internationale », de la part d’organisations et de pays divers qui, dans nombre de cas, ont une considérable part de responsabilités dans l’évolution actuelle puisqu’ils prétendent avoir la responsabilité de l’organisation générale du monde selon leurs formules-miracle et agissent en conséquence. La situation la plus importante, qui dépasse la simple manifestation de préoccupation ou de protestation, est celle des Etats-Unis bien entendu. La position étatsuniennes, extrêmement « ambiguë », ne cesse de l’être de plus en plus à mesure que les événements s’aggravent, jusqu’à la paralysie complète. On en connaît les données, comme nous l’avons déjà souligné, : soutiens de Morsi, les Etats-Unis ont abandonné le président déchu pour tenter d’accorder un soutien conditionnel aux militaires, en protestant contre ce qui pouvait paraître une attaque contre la « démocratie » tout en laissant entendre que le « coup » des militaires pouvait n’être pas vraiment un « coup » antidémocratique. D’où la phrase immortelle de John Kerry en visite au Pakistan suivant laquelle « les militaires ont restauré la démocratie » en Égypte, ce qui donne effectivement une définition charmante du concept de « coup », par définition antidémocratique, mais qui n’est pas vraiment un coup, tout cela suivi d’un rétropédalage d’urgence et assez piteux.
Le Guardian nous annonce donc le 15 août 2013 que les derniers événements en Égypte mettent les USA encore plus dans l’embarras. Diverses interventions de commentateurs US, de plus en plus réticents devant la position US, vont dans le sens de l’abandon du soutien déguisé ou de la pseudo-critique neutre des USA, des militaires égyptiens. Par exemple, ce texte du 15 août 2013 de Marc Lunch, dans Foreign Policy.
« Avec le sang qui coule en Egypte et un retour à l’état d’urgence, il est temps que Washington cesse de faire semblant. Ses efforts pour maintenir ses lignes de communication avec l’armée égyptienne, faire passer la crise en douceur et aider à préparer le terrain pour un nouveau processus politique démocratique ont complètement échoué. Le nouveau régime militaire égyptien et une large partie de la population ont clairement exprimé leur volonté que les Etats-Unis les laissent tranquilles. Pour une fois, Washington devrait leur donner satisfaction. Tant que l’Egypte garde ce cap, l’administration Obama devrait interrompre son assistance, fermer son ambassade au Caire et éviter de traiter le régime militaire comme un gouvernement légitime. »
Pure réaction onirique du Guardian quant on sait pertinemment que le jeu Proche et Moyen-Oriental  des USA sert également les intérêts sionistes.

Chérif Abdedaïm

Source:cherif.dailybarid.com

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