Chronique: Reconnaissance «incestueuse» de la nouvelle coalition syrienne!

Par Chérif Abdedaïm

Suite à la reconnaissance de la nouvelle coalition syrienne comme représentant « légitime » du peuple syrien, par l’UE et toute la secte des criminels de guerre, la question qui se pose en termes  de légitimité demeure en premier lieu juridique.   Dans ce contexte, Curtis Doebbler, – juriste reconnu enseignant à l’université Webster de Genève, avocat expert en droit international,  a souligné à maintes reprises, et notamment lors de la reconnaissance du CNT libyen, l’illégitimité de l’utilisation de la force.

Pour ce qui est de la nouvelle « coalition nationale syrienne pour les forces révolutionnaires et d’opposition »,  créée il y a quelques jours à Doha sous le  patronage des monarques du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Emirats, Koweït, Oman et Bahreïn) et des puissances occidentales, l’UE,  « honorée » récemment par un Prix Nobel  pour ses « efforts » de paix et les  USA, qui ne sont plus à présenter en matière de terrorisme d’Etat, sont  en passe de fournir directement des armes et des fonds  pour pouvoir renverser le régime de Damas. Comme d’habitude les premiers pions de Washington,  en l’occurrence, les monarchies du Golfe, la France et l’Angleterre  ont déjà reconnue  cette « coalition » comme « unique représentant légitime du peuple syrien » (et la Ligue Arabe l’a reconnue comme interlocuteur, avec l’abstention de l’Algérie et de l’Irak ; l’Italie aussi a reconnu la Coalition comme légitime représentant du peuple syrien, bien que pas le seul à présent).

Ainsi, se dirige-t-on vers un remake du scénario libyen. On se  rappelle  la reconnaissance du CNT par la France.  Pour ce qui est de la Syrie, certaines sources bien informées avancent que la « France discutera de la fourniture d’armes avec les partenaires européens dans les prochaines semaines. Même le premier ministre britannique David Cameron, de même que Barak Obama, sont en train de prendre en considération l’idée d’armer officiellement leurs alliés syriens. »

Cela étant, on revient à l’éternelle violation du Droit international par ceux-là même  qui ne cessent de chanter leur démocratie sur les tribunes onusiennes. Fournir des armes à une rébellion pour déstabiliser, détruire un pays et renverser son gouvernement serait-il légal du point de vue du Droit international ?   Que pourrait nous rétorquer ces « détériocrates » ? La thèse « humanitaire » ?

Une thèse longuement galvaudée faute de mieux. Et pourtant, si l’on revient au début de cette crise, les appels enflammés à une intervention étrangère contre la Syrie, ne sont pas nouveaux ; toutefois, leur forme a quelque peu changé, au vu du stade atteint par la lutte contre les groupes armés et les puissances impérialistes qui les soutiennent pour faire s’écrouler l’État Syrien, considéré comme le seul obstacle restant en mesure de faire échec aux plans visant à imposer leur hégémonie sur le Moyen-Orient, enjeu tant par sa position stratégique que par ses ressources.

Dans cette rétrospective, rappelons que puisque les efforts pour condamner la Syrie au Conseil de sécurité de l’ONU ont échoué, grâce aux vétos sino-russes entre autres, la horde des chiens enragés a entamé d’autres stratégies pour préparer le lancement d’une offensive militaire de l’OTAN contre la Syrie, semblables à celles qui ont ravagé la Yougoslavie, l’Irak ou la Libye. 

Armer les mercenaires n’est plus qu’un secret de polichinelle, puisque depuis la tenue de la « Conférence des amis de la Syrie » tenue en Syrie, le 17 février 2012, des voix ont appelé haut et fort à armer l’armée libre, les appareils militaires des pays de la coalition se sont réunis pour formuler les plans d’action nécessaires, et ont mis leur nouvelle méthode en pratique, particulièrement après que les États du Golfe aient décidé de fournir les fonds  nécessaires à la disposition de cette « armée » qui n’est en fait ni une armée ni libre (…).

L’objectif étant de plonger la Syrie dans un état de guerre civile et ethnique, et la diviser pour servir les besoins et les exigences avant tout d’Israël et des États impérialistes qui le soutiennent.

Il est également évident depuis le  début  de l’insurrection armée, on doutait fort que cela ait une quelconque relation avec le combat pour les libertés démocratiques et le progrès social.

Enfin, pour ceux qui croient encore au « Père Noël révolutionnaire», les guignols de l’empire ne se contentent  plus d’obtenir des nations économiquement dominées qu’elles livrent complètement leurs richesses aux appétits insatiables de ses multinationales. Ils ne se satisfont  pas de réformes politiques à l’ombre desquelles certaines classes jouent la comédie de la démocratie bourgeoisie formelle. Chaque fois que sa tendance à la domination sans frein se heurte à une résistance interne, quand bien même elle serait exprimée de façon timorée par ces classes, il est porté à détruire ces nations, à les morceler sur des bases confessionnelles ou ethniques sans se préoccuper des tragédies qu’il provoque au sein des peuples livrés à la logique folle de la course pour les surprofits.

Ainsi, depuis le début de l’insurrection armée en mars 2011, les USA et leurs sbires, sans bien sûr oublier leurs médias à la botte, n’ont cessé d’accuser le gouvernement syrien d’avoir commis des atrocités à l’encontre des civils, dont le massacre de Houla. D’après les reportages des médias indépendants et les témoignages recueillis sur le terrain, ces atrocités ont été commises par les forces d’opposition parrainées par les États-Unis et l’OTAN.

Pour l’instant, on se contentera d’une reconnaissance « incestueuse », en attendant le coup de grâce.

Chérif Abdedaïm

Source:cherif.dailybarid

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