Chronique – Palestine/Syrie: A n’y rien comprendre

Mahmoud Abbas tente d’obtenir des armes légères en prévision d’une éventuelle Intifadah, due en partie à cette grève de la faim qui s’éternise. Une Intifadah a-t-il déclaré récemment serait « un désastre pour nous ». Il faut entendre par ce « Nous » les israéliens et l’AP.
Au même moment le Premier ministre élu Ismael Haniyeh a demandé à Mikati et aux autorités arabes de conjuguer leurs efforts pour mettre un terme au blocus de Ghaza.

Bon, c’est son droit d’appeler au secours, mais apparemment, ces mêmes pays arabes qu’il appelle « à conjurer leur effort pour mettre terme au blocus de Ghaza, semblent absents à l’appel. Ils sont assez occupés à armer et financer les terroristes qui activent en Syrie. C’est ce que nous révèle le Washington post dans un article mis en ligne sur son site, le 16 mai dernier.

S’appuyant sur des déclarations d’opposants et d’officiels américains et autres, le quotidien de référence américain, nous apprend que les insurgés « ont commencé à recevoir de plus grandes quantités d’armes, et de meilleure qualité, ces dernières semaines », une opération certes payée, indique le quotidien, par les États du Golfe, mais en partie coordonnée par les États-Unis.

Dans cette perspective, du matériel s’est accumulé, écrit le W.P., dans certains endroits de Damas, d’Idleb et aussi à Zabadani, sur la frontière libanaise. Et, selon le quotidien, des opposants qui se plaignaient voici deux mois encore du manque de munitions et de matériel ont déclaré cette semaine que l’afflux d’armes s’était « significativement » accru après l’annonce par l’Arabie Saoudite et le Qatar d’un financement mensuel de l’ASL et autres activistes à hauteur de plusieurs millions de dollars.

La Confrérie syrienne des Frères musulmans a ouvert sa propre « ligne de crédits » aux bandes armées, grâce à la générosité de donateurs privés ou étatiques (le Golfe, toujours) : un membre de la direction des « Frères », Mulham al-Drobi l’a affirmé.

Cet engagement indirect étant le prix à payer, hélas, pour l’impuissance des Occidentaux à pouvoir mener une « bonne vieille guerre classique ». La Syrie se retrouve confrontée, outre les gangs salafistes, à au moins quatre « vrais-faux-belligérants » : les Américains, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Seraient-ce là, les pays arabes qui vont se soucier du sort des Palestiniens bloqués à Ghaza ?

Et pourtant quand il s’agit de charcuter de l’arabe, ils ne se font pas prier. C’est le cas notamment des salafistes tunisiens qui appellent les jeunes à aller au jihad en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, a reconnu vendredi un responsable du ministère tunisien des Affaires religieuses.
Qu’ont-ils mangé au point de se « tromper de camp » ? La fameuse soupe aux lentilles offerte par Olmert à Abbas ? Apparemment, cette prise de position ne trompe personne, il n’y a pas longtemps, le représentant d’Ennahda avait déjà annoncé sans scrupule que la cause Palestinienne est désormais un conflit israélo-palestinien et non israélo-arabe. Aussi, l’expulsion « magistrale » de l’ambassadeur syrien par le président tunisien Al Marzougui, ne laisse aucun doute sur le revirement de la diplomatie tunisienne. Donc, que les salafistes tunisiens appellent au djihad en Syrien, n’étonne plus personne. Le sort des Palestiniens ne semble plus les intéresser ; alors, monsieur Haniyeh, mieux vaut compter sur soi que sur cette bande de vassaux asservis par Washington et Tel Aviv.

Chérif Abdedaïm

Source:cherif.dailybarid.com

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