Chronique – Massacre de Houla (Syrie): La fonte de l’iceberg, Par Chérif Abdedaïm

On a longtemps pavoisé autour du massacre de Houla en l’attribuant aux troupes de Bachar Al Assad, et c’était là une occasion d’accuser le pouvoir syrien de massacre justifiant une intervention humanitaire ; mais les dernières révélations du grand quotidien allemand le Frankfurter Allgemeine  viennent encore une fois discréditer la thèse propagandiste des  Occidentaux et remettre les pendules à l’heure. Selon, ce quotidien, ce fut l’armée syrienne libre (ASL) qui a commis le massacre de Houla et non pas Assad et l’armée régulière syrienne, mais bien plutôt ces escadrons de la mort de l’OTAN qui ont été importés de l’extérieur et qu’Hillary Clinton soutient, ainsi que Hague, Fabius et le reste de ces gens. Dans ce jeu, Kofi Annan n’est essentiellement rien d’autre qu’un homme de paille pour ces escadrons de la mort.

Dans cette situation, la Russie et la Chine maintiennent leur position, après la réunion de Genève, samedi dernier- quant à toute décision concernant la transition du pouvoir en Syrie qui ne doit être prise uniquement que par le peuple syrien.

Dans ce contexte, Webster G. Tarpley, Ph.D, écrivain et historien américain, explique dans une interview accordée à Press TV, les enjeux de la politique de l’Occident. Pour cet analyste averti, « la politique actuelle sous le gouvernement Obama avec Hillary Clinton comme ministre des affaires étrangères, vise à la destruction de la souveraineté des nations sur cette planète. Il est vraiment question de ramener le monde aux temps précurseurs du traité de Westphalie en 1648, traité qui établît alors le régime des états souverains indépendants.

Le désespoir des Etats-Unis et du Royaume-Uni vient de leur banqueroute financière et ce qu’ils doivent faire est simplement accélérer la vitesse d’exploitation, de pillage et de pompage de l’économie mondiale. Ce faisant, ils se rendent compte que tout gouvernement national est un obstacle intolérable qui est sur leur chemin. »

De ce fait, leur but n’est pas seulement le changement de régime: il est d’instaurer des micro-états, de « petits états », pour utiliser la terminologie de Zbigniew Brzezinski, une « partition », terme favori de George Soros, une balkanisation, des états brisés, une agglomération de seigneurs de la guerre comme on le voit actuellement en Libye.

Un but qui permet d’obtenir, selon Tarpley, une situation où le FMI et l’OTAN règnent sur le monde d’en haut, et en bas, avec   une cour de petites entités ineptes, folles et balbutiantes, qui jamais ne pourront résister à Exxon Mobil, JP Morgan, Halliburton ou quelque entité que ce soit leur ressemblant, un peu comme la Libye aujourd’hui.

L’objectif est donc de briser la Syrie, d’en détacher la partie kurde, d’en détacher d’autres parties qui seront réclamées par la Turquie; peut-être recommencer une guerre civile au Liban, peut-être y aurait-il une guerre perpétuelle en Syrie, peut-être qu’Israël se servirait de territoires convoités et ainsi de suite. Voilà où  l’on se dirigerait.

Décidément, la fonte de l’iceberg ne cesse de nous dévoiler les intentions prédatrices de l’Occident et tout son jeu hypocrite appuyé par ses vassaux arabes.

Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 8 juillet 2012

Source:cherif.dailybarid.com

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