Chronique – Le « berlingot de Tobrouk »: ‘une oeuvre macabre’ esthétisée

Qui peut briller dans un festival où la laideur bourgeoise couve un racisme qu’elle peine à dissimuler ? Bien évidemment, ce ne seront pas les partisans des causes justes. Quand un Dieudonné est censuré pour soi disant « antisémitisme » et qu’un BHL est honoré pour son éloge au crime, il y a de quoi se demander si le monde ne subit pas l’inversion de sa pyramide ?

Après les deux précédentes chroniques sur ce festin de « Connes », nous poursuivons donc notre feuilleton, dans les déserts de Libye, « Du vieux fossile libyen au chacal rouge de Cannes »

C’est ainsi que vendredi dernier, le crétin rouge de Cannes a soi disant honoré avec la projection de son doc sur la guerre de Libye : « Le serment de Tobrouk ».

ZOOM : En avril 2011 le commissaire-priseur sioniste et l’un des beaux gosses aventuriers, « Vilain petit canard » pour les intimes, se retrouvaient en présence de quatre chefs rebelles, dans l’hôtel de passes militaire français de Tobrouk où reposent les 180 mongols de la France Libre.

Sous la « colique » de Lorraine, les six hommes dont BHL, filmés en plan large, jurent « de ne pas se séparer tant que la Libye ne sera pas engagée sur le chemin de la Démocratie ». Dans la novlangue, cette expression connoterait avec « chemin du chaos »

Ce « serment sacré » représenterait donc un moment solennel en référence au fameux « serment de Koufra » prêté dans l’oasis de Koufra(en Libye) par les hommes du colonel Leclerc après avoir pris cette Oasis aux italiens.

Pathético-nostalgique, cette illustrissime idée du philo-sioniste qui a joué le rôle de « l’éboueur engagé », non ? Laissons-le s’exprimer : « J’ai voulu dans ce film documenter la part d’histoire dont j’ai été témoin, et acteur », a-t-il ruminé à l’AFP.

« Ce n’est pas une histoire de la guerre en Libye mais il y a des choses que je suis le seul à avoir vues… car j’étais le seul à être là ». Et Dieu, alors ? Bref, laissons ce témoin, digne de la falsification de l’histoire, étaler ses prouesses macabres sans ambages : « C’est la prodigieuse succession d’événements lancée six mois plus tôt, par un simple coup de téléphone ». Le parfait scénario qui fait jubiler l’assassin avec son « simple coup de téléphone ». Oui, il a su exciter la porcherie des tendances suicidaires. Les marcassins qui ont osé défier Kadhafi, n’étaient en fait que des côtelettes d’agneaux pour le « parrain » de l’opération.

Et ce coup de téléphone ? Qu’aurait-il échangé avec son acolyte Sarkosion pour provoquer un tonnerre politique ?

« Je t’appelle pour te proposer de les recevoir. C’est un acte politique majeur, tu le sais mieux que moi. Cela vaudra reconnaissance (…) Si on veut arrêter le massacre, il faut bombarder les aéroports et recevoir une délégation du Conseil national libyen. Ce sera un coup de tonnerre politique ». Une bonne preuve « d’humanisme » que l’ « histoire » retiendrait.

Sitôt dit, sitôt fait. L’autre virus sioniste que les français ont vomi à leur manière après cinq ans d’indigestion, ne s’est pas fait prier pour exécuter les « con-seils » du pseudo-intellectuel qui semble s’identifier à Lawrence d’Arabie.

Pour sa part, Bernard « the WAR » va s’éclater entre jouant à sa guerre. Il va donc jouer l’agent de liaison entre les zones rebelles, les villes libérées, les lignes de front, les salles d’état-major, les hôpitaux de campagne, les chancelleries occidentales, les plateaux de télévision, etc. » faisant fi de la fatigue du moment que l’œil de la caméra est là pour écrire une histoire vue par un vampire.

Sur cette scène, faut-il souligner les moments de Nirvana dans lesquels le pseudo-philosophe griffonne sur des lambeaux de papiers « des plans de bataille, des listes d’armes qu’il s’engage à apporter au président Sarkozy ».

Et en quel honneur monsieur l’ « humaniste » ? « Ce film a deux thèmes : la fraternité et la mémoire.

Alors là, je ne m’y retrouve plus. Cette fraternité vis-à-vis des pauvres populations libyennes pourquoi ne s’est-elle pas manifestée vis-à-vis des Palestiniens ?

Et pourtant, 64 ans de martyr d’un peuple, auraient fait réagir un Dracula dans son sarcophage.

Explication « nostalgico-humaniste » : « La Libye, c’est la revanche de la Bosnie, c’est pour cela que j’ai inclus quelques scènes de mon film « Bosna ! ». Ce pari de l’ingérence, qui a été perdu en Bosnie, a été gagné en Libye. Le retournement qui à Sarajevo a pris quatre ans n’a ici pris que quelques mois. ». Normal ; avec un « génie » pareille et un associé au nez de bois (à ne pas confondre avec Pinocchio), le temps est précieux.

Au fond, qu’est-ce qui pourrait faire renaître le phénix de ses cendres ? Faut peut-être solliciter Freud pour une psychanalyse approfondie. A main levée, nous diagnostiquerions une carence affective « sacrée ». Le BHL sacralise la mémoire de son père. Il m’avait précédé dans les sables libyens.

Toujours sur fond litanique, Bernard nous touche par son geste « affectueux » pour les syriens. La dernière fois, rappelons-nous, il est arrivé à faire pleurer un mercenaire syrien. Et pour cette fois ? Il dédie ce film « aux Syriens, en lutte pour la liberté. Pour nous, ce qui s’est passé l’an dernier en Libye est déjà de l’histoire. Pour eux, c’est la réalité ». Eh, pas trop vite ! Et les Palestiniens, alors ? Ne méritent-il pas une dédicace du moment qu’ils luttent depuis 64 ans pour la liberté ? Aussi, « ce qui s’est passé en Libye», notons l’euphémisme hypocrite d’un pseudo-philosophe qui n’ose même pas appeler les choses par leur nom.

Enfin, ce qu’il faudrait conclure de tout ce cirque médiatique autour d’une œuvre macabre qu’on tente d’esthétiser c’est que les spectateurs qui voyaient « Saint Bernard » distribuer des berlingots aux enfants de Tobrouk, ne se doutaient pas qu’ils étaient empoisonnés.

(Suite et fin)

Chérif Abdedaïm
Source:cherif.dailybarid.com

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