(Chronique) Attaques de Ghaza: Arrêtez votre hypocrisie !

Par Chérif Abdedaïm

 «Israël a le droit de se défendre», a déclaré Obama suite aux attaques de Ghaza. En novlangue, cela voudrait dire qu’Israël a le droit d’attaquer. Quand on sait que près d’une centaine de morts et pas moins de 700 blessés ont été enregistrés en cinq jours de pilonnage intensif, il y a lieu de se demander si Obama ne joue pas sa carte de poker menteur pour calmer les poussées paranoïaques du fou de Tel-Aviv.

Dans ce contexte, Netanyahu, appuyé, selon un sondage, par près de 91% des Israéliens soutenant l’offensive contre la bande de Gaza alors que 74% sont pour l’invasion, n’éprouve aucun scrupule à jouer la symphonie hitlérienne. Si Obama a décroché sa seconde mandature, Bibi le fou compte en faire de même en jouant cette partie macabre dont les seules victimes sont les civils palestiniens.

Dans la foulée, que fait la diplomatie «arabe» ? Comme d’habitude, les Egyptiens feignent de jouer un rôle pour calmer les esprits sans pour autant démontrer leur soutien à cette cause palestinienne devenue un fardeau pour ces nouveaux régimes enfantés par les soulèvements arabes. On se souvient des propos d’El Ghanouchi, le représentant des islamistes tunisiens, pour qui la cause palestinienne est un conflit israélo-palestinien et non israélo-arabe. Et pourtant, dans ce jeu hypocrite, le ministre tunisien des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, en visite samedi à Ghaza, a notamment dénoncé une «agression israélienne flagrante». Quelle douceur !

A-t-on peur des mots ? Et Erdogan, alors ? Lui, qui n’hésitait aucunement à chauffer les tambours de guerre contre Assad, a rejoint le registre de ces déclarations formelles en déclarant qu’«Israël portait l’entière responsabilité de l’escalade et devrait rendre des comptes pour le massacre de ces enfants innocents». Pour sa part, Morsi, suite à un entretien téléphonique avec Ismaïl Haniyeh du hamas samedi dernier, s’est montré optimiste, évoquant des contacts avec les deux camps et «quelques indications sur la possibilité d’un cessez-le-feu bientôt».

De quel optimisme peut-il parler lorsqu’on sait qu’il est acculé par le FMI avec lequel il devrait négocier un montant de 4,8 milliards de dollars dont l’Egypte a besoin pour soutenir ses finances. Alors même que les jets israéliens pilonnaient sans arrêt Ghaza et que le Hamas suppliait le président Mohamed Morsi de l’aider, le FMI a annoncé mercredi que «la mission restera au Caire pendant encore quelques jours afin de poursuivre le travail et tirer parti des progrès importants déjà réalisés». Ce qui se traduirait en lexique orwélien qu’avant d’accorder des prêts, le FMI attend des gouvernements qu’ils prennent des mesures réelles conformément à un plan de réforme économique, mais Morsi sait qu’il peut toujours y avoir des exceptions, et c’est Washington qui décide. Mais à quel prix ?

Dans ce jeu de poker menteur on sent quand même une certaine nausée, car ces zombies politiques font preuve de cécité face à ces cadavres d’enfants déchiquetés sans pitié par des frappes aveugles et qu’on ose encore qualifier de chirurgicales. Pour une énième fois, arrêtez votre hypocrisie !

Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 21 novembre 2012

Source:cherif.dailybarid

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