Centrafrique : la France critiquée de toutes parts

armee_fcse_centrafriqueLes autorités françaises n’ont pas de mots assez durs pour vilipender l’isolement international de Poutine suite à son intervention en Crimée mais réalisent-elles à quel point Paris s’isole de ses partenaires à cause de son attitude de puissance coloniale en Centrafrique? Il y a quelques jours, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian se sont permis d’envoyer un courrier épicé à leurs homologues européens dénonçant leur lenteur à envoyer des troupes pour prêter main-forte aux soldats français en Centrafrique. Paris ne demande pas grand’ chose, seulement 500 hommes mais les pays européens rechignent à mettre la main à la pâte et surtout au portefeuille.

La main au portefeuille, car c’est bien cela que demande le président français. Il a d’ailleurs vu Merkel lui adresser une fin de non-recevoir il y a quelques jours après avoir expliqué, avant le sommet européen sur la Défense, que nos partenaires devraient créer un fonds pour financer nos opérations en Afrique.

« Avec ses partenaires européens, elle s’y est prise trop tard et très mal, avec cette arrogance qui caractérise parfois notre pays. » déplore Jean-Dominique Merchet. « La première réunion sur le sujet à eu lieu à Bruxelles le 28 novembre, une semaine avant le déclenchement de l’opération Sangaris et le télégramme diplomatique français est arrivé sur le bureau de nos alliés le 8 janvier, un mois après le déclenchement de Sangaris. » Pourquoi une telle lenteur? Tout simplement parce que nos autorités estimaient que les soldats français pouvaient très bien faire le travail seuls sur le terrain centrafricain. L’arrogance française…

Et pourtant les français sont loin d’être seuls sur le terrain contrairement à ce que l’on entend. Comme le dénonce Jean-Yves Ollivier, « en lisant les journaux ou en regardant la télévision française, c’est à peine si l’on sait qu’à côté de la mission Sangaris, plus de 6’000 soldats africains sont engagés sur le terrain. » Pire, les français ne participeraient pas aux opérations les plus dangereuses selon cet ami de Denis Sassou-Nguesso: « Le gouvernement français est tellement tétanisé à l’idée de perdre des hommes au combat que les troupes de Sangaris restent essentiellement cantonnées dans leurs baraquements quand elles n’effectuent pas des patrouilles motorisées dont on connait les limites. Pendant ce temps, ce sont les soldats africains qui sont en première ligne et s’interposent (avec beaucoup de courage et très peu de moyens) pour limiter les dégâts. »

L’arrogance de nos politiques est donc à la fois critiquée par les européens et par les africains. Et si l’on faisait preuve d’un peu d’intelligence et qu’on laissait l’Afrique régler ses problèmes toute seule? L’Europe semble l’avoir compris, pas la France.

Par Anton Dia

Source: alterinfo

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