CAP VERT : Cesaria Evora est morte (VIDEOS)

La chanteuse capverdienne disparaît à l’âge de 70 ans des suites d’une longue maladie. 

Depuis septembre dernier, elle avait mis fin à sa carrière de chanteuse, affaiblie par une opération à coeur ouvert subie un an avant. Cesaria Evora est finalement morte ce samedi à l’âge de 70 ans.

« La diva aux pieds nus », est morte samedi dans un hôpital du Cap-Vert, a annoncé le ministre capverdien de la Culture, Mario Lucio Sousa.

En septembre dernier, elle disait au Monde la gravité de son état de santé: « Je vais arrêter, un jour, mais pas que ça. En fait, j’arrête tout. Je n’ai pas de force, pas d’énergie. Je veux que vous disiez à mes fans: excusez-moi, mais maintenant, je dois me reposer. Je regrette infiniment de devoir m’absenter pour cause de maladie, j’aurais voulu donner encore du plaisir à ceux qui m’ont suivie depuis si longtemps. »

Dix ans dans l’alcool et la solitude

Avec près de 15 albums, dont un disque de duos paru en 2010, Cesaria Evora était un grand nom de la world music. En plus de 20 ans de carrière, elle a fait connaître dans le monde la morna, musique originaire du Cap-Vert.

Cette petite femme, fille d’un musicien et d’une cuisinière, faisait partie d’une fratrie de sept enfants. Son père, qui joue du violoncelle pour nourrir la famille, meurt alors qu’elle n’a que sept ans. Sa mère la confie alors à un orphelinat.

Cesaria Evora chante, dès l’âge de 16 ans, dans des bars et soirées privées, émerveille le public et gagne un peu d’argent en chantant des chansons tristes, sur l’amour, la pauvreté, la mer. Elle chante aussi dans la rue, le blues, la « sodade » – le spleen, la tristesse…

Puis elle se tait environ dix ans, pendant lesquels elle plonge dans l’alcool et la solitude, pour tenter de soigner les blessures de sa vie.

Le réveil est un appel du Portugal, en 1985, où des concerts lui sont proposés. Elle accepte et rencontre alors un homme qui sera son mentor et son producteur, le Franco-Capverdien José Da Silva. Son destin est tracé. Et José lui offre de se produire à Paris. En 1988, sort son premier album, « La diva aux pieds nus », un nom qui lui collera à la peau.

Puis se succèdent albums et concerts où, toujours, amour, « sodade », révolte, dureté et beauté des îles, sonorités africaines et cubaines, frisson, s’harmonisent par enchantement. Evora a un style unique, envoûteur, langoureux. Ce sont notamment « Mar azul » (1991), et « Miss Perfumado » (1992), qui comprend son chef d’oeuvre, baptisé tout simplement « Sodade », avec deux triomphes au Théâtre de la Ville à Paris.

Amoureuse de la France

Le grand public la découvre enfin. Le succès, tardif pour une chanteuse alors déjà âgée de 50 ans, se propage à travers la planète. Voulant frénétiquement rattraper le temps perdu, elle se lance, devenue star, dans des tournées mondiales: Etats-Unis, Suède, Japon, Sénégal notamment.

Un brin provocatrice, elle arrivait sur scène pieds nus, mais s’arrêtait parfois pour une gorgée de cognac ou pour griller une cigarette, faisant passer le public du rire aux larmes.

En mars 2008, décorée chevalier de la Légion d’honneur en France, elle est victime d’un accident vasculaire cérébral et contrainte de ralentir son rythme. Néanmoins, elle sort en octobre 2009 son onzième album, « Nha Sentimento » (« Mes sentiments »).

Amoureuse de la France, elle y venait régulièrement et avait collaboré avec Bernard Lavilliers en 2004, Cali en 2006 et les Nég’ Marrons en 2008.

C’est dans son île qu’elle avait fêté ses 70 ans, dans la simplicité le 27 août.

Source: lexpress.fr

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