Cameroun: La prison pour avoir refusé de céder ses terres aux Chinois

Un agriculteur de l’est a contesté une décision gouvernementale l’obligeant à céder ses terres aux agriculteurs chinois.

Le Cameroun a adopté une politique de redistribution des terres qui favorise les investisseurs chinois au détriment de ses propres citoyens. Dans la ville d’Akak, dans l’est, l’avenir d’une famille est en jeu. Fa’a Embolo Joseph, un père de 59 ans, pourrait perdre ses 10.000 hectares de terres au profit de cultivateurs de riz chinois. Depuis 2009, le gouvernement camerounais s’emploie à fournir aux investisseurs chinois un traitement préférentiel en matière de distribution des terres.

«Mes enfants sont très inquiets. Ils savent que je me bats pour leur avenir. Si je ne fais pas cela, ils risquent de ne pas hériter de la terre de leurs ancêtres », explique Joseph, qui est déterminé à s’opposer à la décision du gouvernement.

Il y a trois ans, Joseph avait été convoqué au bureau du chef du village où il lui a été demandé de remettre ses terres plus aux nouveaux propriétaires chinois, dit-il. « Deux jours plus tard, des gens sont venus pour effectuer des mesures sur le terrain. Ensuite, j’ai coupé l’accès à ma terre avec trois troncs d’arbres.  »

Intimidation

Le 14 Février Joseph a été condamné à un an de prison pour «rébellion». Il a décidé de faire appel, ce qui lui a coûté 95 000 francs CFA (145 euros). Ce n’était pas la première fois qu’il était pénalisé. L’année dernière, il avait purgé une peine de prison de quatre mois pour avoir bloqué l’accès à ses terres aux autorités, ainsi qu’à des ressortissants chinois.

Joseph soutient que les gens, dont la population vivant dans les zones rurales,  sont souvent victimes d’abus, à cause de l’ignorance. «Dans les villages, il arrive souvent que les autorités tentent de tromper la population, la majorité des gens n’ont pas été à l’école. »

Joseph est en colère contre les autorités qu’il accuse de ne pas se soucier de ses problèmes. « Nous ne savons pas encore si nous allons être indemnisés pour la perte des terres et, si oui, combien nous recevrons. Cette terre est très importante pour nous. Nos ancêtres sont enterrés ici, et la forêt qui nous nourrit.

Source: camer.be

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *