Berlin, tu as volé notre âme (Poème)

Je dédie ces écrits en l`honneur du Président Laurent Gbagbo, de Bernard B. Dadié (mon père) et de tous les panafricanistes qui ont lutté et qui luttent pour l`indépendance du continent

Berlin, tu es à l’origine des supplices de mon peuple, de toi sont partis tous ses malheurs, et pourtant, dans son glorieux passé, vivant  presque dans l’Éden;

Il avait à lui la nature et ses fruits vermeils.

Ses émeraudes scintillantes, nourrissant ta convoitise, ses forêts luxuriantes et giboyeuses;

Ses terres chaudes et fertiles, ses réjouissances empreintes de spiritualité.

Berlin, tes nations assoiffées de gloire et de richesses organisèrent leur festin de brigands, toute l’Afrique au menu;

Ainsi ta botte d’acier s’est posée partout où coulait le lait et le miel pour nourrir ton peuple toujours insatiable.

Par son sang et sa sueur, la vache laitière t’a engraissé ;

Berlin, tu as ourdi un complot féroce contre mon peuple ;

Tu as orchestré la spoliation de la terre de mes aïeux ;

Tu as profané les domiciles des ancêtres et des saints, violant les tombeaux et faisant de nos rois des marionnettes.

Et voilà que notre art se trouve dans tes musées sans notre permission ;

Esprit de python ; Berlin tu fus. Le diagnostic de ton œuvre macabre m’écœure ;

En toi j’ai découvert la malédiction dans toute son ampleur ;

Ton histoire est un chapelet des plus brillants désastres ;

Berlin tu as enterré la sacralité qu`est le respect et la liberté de l`autre ;

Tu as transporté tes démons sur nos terres ;

Tes vices dans nos foyers ;

Tes angoisses dans nos cœurs ;

Tes besoins et tes valeurs dans nos esprits ;

Berlin, tu n’as été que mensonges ;

Tu as inoculé le venin de la haine et de la division ;

Tes pensées ont été destructrices ;

Comme une sorcière, tes esprits maléfiques ont dévoré nos vaillants fils d’Afrique, nos guerriers intrépides postés aux avant-gardes du combat pour la liberté ;

Partout où tu es passé, c`est le trépas, semant tristesse et désolation ;

Berlin, tu as volé notre âme ;

Au service de Lucifer quand tu portes la croix du Christ dans une main, dans l`autre, l`épée qui transperce et assassine poussant les peuples sur des chemins obscurs ;

Tu as proclamé la fin d`un monde ;

Tu as détruit nos royaumes, opposant nos rois ;

Tu as balkanisé l’Afrique en enfantant des frontières de haine et de division perpétuelle ;

Tu as enfoncé dans un gouffre, la mémoire d`un continent ;

Tu as enfoui dans les profondeurs abyssales les pages glorieuses de son histoire ;

Le souvenir de ton œuvre macabre m’écœure ;

Berlin, tu as anéanti des familles entières, ainsi, plus de festin, plus de danse, plus de veillées autour du feu ;

Jadis, chacun vaquait dans la quiétude et dans les beaux prés les troupeaux paissaient tranquillement jusqu`au jour où tu t`es présenté avec ton offre de civilisation hypocrite pour détruire ;

Berlin, de ton sceau diabolique sont partis les malheurs de mon peuple ;

Berlin nous ne laisserons pas notre peuple périr par tes mains ;

Berlin, tu n’auras pas le dernier mot.

 

A. Christine Binlin Dadié

Référence : Il y a cent ans…La conférence de Berlin (1884-1885) vers le partage de l’Afrique au nom de la liberté… de Denyse de Saivre

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