Audience civile imminente pour DSK aux États-Unis

Le juge du Bronx va convoquer les avocats des deux camps pour obtenir des précisions sur des points-clés, notamment celui de l’immunité diplomatique.

Une première audience va bientôt réunir les avocats de Dominique Strauss-Kahn et de Nafissatou Diallo dans le cadre de la procédure civile qui les oppose aux États-Unis. Le juge Douglas McKeon, chargé du dossier au tribunal du Bronx, va convoquer les deux camps pour une audience dite d’oral argument, d’«ici deux à trois semaines», a indiqué mardi au Figaro le bureau du magistrat.

Au cours de cette discussion, chaque partie devra présenter sa position et, surtout, répondre aux questions du juge. Saisi du dossier depuis août, Douglas McKeon souhaite, explique son entourage, obtenir des précisions sur tel ou tel point clé. En principe, les débats ne devraient pas durer plus de quelques heures, estime-t-on au tribunal du Bronx. Rien n’oblige DSK ou Nafissatou Diallo à être présents, mais ils sont libres d’assister aux débats s’ils le souhaitent.

Ce n’est qu’après cette audience que le juge McKeon – qui n’est pas tenu par des délais – sera amené à se prononcer sur les conclusions («motions») déposées par les conseils de DSK et de la femme de chambre, qui n’a pas repris son travail au Sofitel.

L’immunité, «sujet complexe»

Parmi les questions soulevées, celles de l’immunité diplomatique que lui aurait conférée son statut de directeur général du FMI a été soulevée par DSK. À l’appui de leur demande, ses avocats emmenés par Me William Taylor, du barreau de Washington, ont produit une abondante jurisprudence. «Le sujet est complexe», notent en général les juristes, même si plusieurs avocats américains ont estimé que cette requête avait peu de chances d’aboutir. En tout état de cause, le juge McKeon, qui a pu multiplier les consultations d’experts, devra trancher cette question.

La procédure civile, engagée le 8 août par l’employée du Sofitel, n’avait pas connu d’étape importante depuis octobre. Le choix, par Nafissatou Diallo, du tribunal du Bronx semblait être motivé par l’idée que des jurés de ces quartiers de New York à majorité noire lui seraient plus favorables. Les lawyers restent extrêmement discrets sur leurs stratégies respectives.

Pas de transaction annoncée

Cependant, les avocats de la jeune Guinéenne, Me Kenneth Thompson et Douglas Wigdor, ont affiché leur intention d’exploiter l’affaire française du Carlton dans la procédure américaine. «Nous cherchons à accumuler des preuves sur le comportement violent de M. Strauss-Kahn vis-à-vis des femmes», affirmait Me Wigdor au Figaro fin novembre lors d’un passage à Paris.

Depuis que le procureur Cyrus Vance a abandonné ses poursuites pénales pour agression sexuelle, la procédure civile est l’unique dossier où l’ancien patron du FMI est mis en cause (il n’a pas encore été interrogé par les juges de Lille dans l’affaire du Carlton). Ses enjeux financiers sont énormes, plusieurs millions de dollars pouvant être réclamés par la plaignante.

Enfin, la procédure peut toujours donner lieu à une transaction avant le procès – comme dans 80 % des cas aux États-Unis. «Nous n’avons à ce jour pas d’indication d’une éventuelle négociation», notait mardi le bureau du juge McKeon. Mais rien n’oblige les parties à prévenir le tribunal.

Source: lefigaro.fr

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