Au Sénégal, les divisions de l’opposition confortent Wade

SEYLLOU DIALLO/AFP

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Face à la détermination du président sénégalais Abdoulaye Wade, l’opposition avance en ordre dispersé.

Mardi, des milliers d’opposants au président sortant ont manifesté à Dakar.
Le Mouvement du 23-Juin (M23) cherche une stratégie contre le président sortant.

Un étudiant est mort, écrasé par un camion de police, lors de la dispersion de la manifestation d’opposition au président Wade, lundi 30 janvier, qui a rassemblé quelques milliers de personnes à Dakar.
Selon Abdoulazize Diop, un porte-parole du Mouvement du 23-Juin (M23), un ensemble hétéroclite de partis politiques et d’organisations de la société civile, dont le mouvement de jeunes « Y’en a marre », il s’agissait de montrer au président Abdoulaye Wade que le peuple sénégalais, « dans toutes ses composantes », est déterminé à l’empêcher de briguer un troisième mandat. « Nous avons mobilisé. Pour nous, la preuve est faite que la résistance active mais pacifique que nous prônons est la bonne voie pour faire renoncer le chef de l’État à se présenter de force », estime-t-il.
Vendredi 27 janvier, le Conseil constitutionnel avait validé 14 des 17 candidatures à l’élection présidentielle du 26 février prochain, dont celle du chef de l’État. Ce qui avait provoqué une nuit d’émeutes au cours de laquelle un policier a trouvé la mort. Une fois les recours légaux épuisés, notamment en ce qui concerne la candidature du chanteur Youssou N’dour, débouté faute d’un nombre suffisant de signatures valides, les cinq membres du Conseil constitutionnel ont reconduit la liste initiale.

L’OPPOSITION AVANCE EN ORDRE DISPERSÉ
Face au président sortant, l’opposition avance en ordre dispersé. À commencer par le principal mouvement, Benno Siggil Senegaal. « C’est l’incapacité de Moustapha Niasse et d’Ousmane Tanor Dieng, les deux leaders du mouvement, à accepter une candidature unique qui conforte Abdoulaye Wade », analyse Mamadou Lamine Diallo, président du Mouvement citoyen Tekki.
Ce brillant économiste, sollicité par le président des Assises nationales, Amadou Makhtar Mbow, pour briguer un mandat de transition de deux ans, le temps de faire partir Abdoulaye Wade et d’organiser de nouvelles élections, a fini par renoncer à se présenter face à l’entêtement des deux « mammouths » de l’opposition. Ces derniers se disputent l’héritage socialiste de Léopold Sédar Senghor, le père de l’indépendance sénégalaise, au pouvoir de 1960 à 1980.
Cette lutte pour le pouvoir est encore plus flagrante dans le camp des anciens ministres libéraux d’Abdoulaye Wade – Macky Sall, Idrissa Seck et Cheikh Tidiane Gadio –, tous membres du M23, qui ont décidé de se présenter pour contrer « la tentation de dévolution monarchique du pouvoir » de leur ancien mentor à l’égard de son fils, Karim.

LES DIRIGEANTS DU M23 ONT CONVOQUÉ UNE CELLULE DE CRISE
Le coordinateur du M23, Alioune Tine, président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Radho), continue d’appeler à l’unité jusqu’au 5 février, date à laquelle commencera, officiellement la campagne électorale. « L’essentiel est que nous ne nous trompions pas d’ennemi », a-t-il martelé.
En face, dans le camp présidentiel, la riposte s’est durcie. « Le pouvoir a décidé de nous intimider en procédant à l’interpellation systématique des opposants », précise Abdelazize Diop.
Convaincus d’êtres infiltrés, les dirigeants du M23 ont d’ailleurs convoqué une cellule de crise « pour éviter que les jeunes de “Y’en a marre” ne soient manipulés lors des prochaines manifestations ». Fatigués des discours, ces derniers voulaient marcher sur le Palais mardi 31 janvier, mais, découragés, ils y ont renoncé.

Christine Holzbauer, à Dakar

Source:la-croix.com

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Au-Senegal-les-divisions-de-l-opposition-confortent-Wade-_EG_-2012-02-01-764492#.TylwXtTCLv0.email

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