Attaques à Port-Bouët – Pourquoi de lourds soupçons pèsent sur les FRCI

Après les peurs et stupeurs dans la nuit du jeudi dernier dans la commune de Port-Bouët, suite aux attaques-éclairs, Le Nouveau Courrier,  avec l’aide de riverains et d’éléments de sécurité, a reconstitué les faits. Et visiblement la piste de combattants issus des rangs des Frci n’est pas à écarter, en tout cas en ce qui concerne les attaques presque simultanées de la gendarmerie et de deux commissariats dans la commune du maire Hortense Aka Angui.

Selon les informations recueillies sur le terrain de témoins directs  (et dont nous tairons les identités) de l’assaut sur la brigade de gendarmerie de Vridi, c’est aux alentours de 20h que tout a commencé à Vridi Cité. Ce sont en fait quatre jeunes gens vêtus de T-shirts et de Jeans, assortis à des paires de tennis, avec tous les quatre des sacs à dos, qui ont lancé l’assaut sur la brigade de Gendarmerie de Vridi. Une fois devant la gendarmerie, ils ouvrent le feu tirant en l’air. Deux d’entre eux pénètrent à l’intérieur de la Brigade, pendant que les deux autres font le guet à l’entrée, tout en continuant de tirer des rafales. A l’intérieur de la gendarmerie, ne se trouvaient que deux gendarmes au poste cette nuit-là, qu’ils maitriseront sans problème. Pis, ils vont enfermer dans des cellules les deux gendarmes.

Le «commando» se met à défoncer toutes les portes de la brigade et accède ainsi à l’armurerie qu’il vide sans difficulté. Ce sont les deux autres restés à l’entrée de la brigade, qui profitant de la confusion créée par les détonations, vont braquer deux taxis-compteurs à bord desquels, ils s’engouffrent, au vu et au su de quelques badauds tétanisés et cloitrés dans les environs. Les armes et munitions emportées dans la brigade sont embarquées dans un des taxis. Les assaillants se fondent dans la nature, et attaquent dans les minutes qui suivront un commissariat.

Pourquoi Koffi Koffi accuse-t-il si vite des « bandits » ?

Paradoxe des paradoxes, c’est qu’à moins de 100 mètres de la Brigade de gendarmerie, se trouve la cité universitaire de Vridi abritant une centaine de soldats des Frci, qui n’ont pas daigné réagir alors que la gendarmerie se faisait attaquer. Et chose plus intrigante, l’accès à Vridi se fait par une voie unique qui aboutit justement à la brigade qui a été pris pour cible, pendant au moins une quinzaine de minutes, sans que les tirs n’aient curieusement alerté les soldats-pensionnaires de ce camp de fortune. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, le bitume allant de la Cité U jusqu’à la Brigade de gendarmerie est impraticable du fait de la dégradation avancée de la chaussée, ce qui a pour conséquence de ralentir drastiquement la vitesse des véhicules empruntant ce tronçon (pas plus de 20 km/h).

Ce qui signifie que les curieux assaillants qui ont emprunté la voie auraient pu être facilement maitrisés. Mais ils ont disparu dans la nature aussi facilement qu’une aiguille dissimulée dans du foin. Normal qu’au lendemain des attaques de Port-Bouët, le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, parle encore de bandits ayant opéré. Ayant même jusqu’à avouer ne pas croire que les événements de Port-Bouët  constituaient des attaques organisées. «Ce sont des bandits qui ont opéré hier (jeudi). Toutes les armes qu’ils ont prises ont été récupérées», a-t-dit à l’issue d’une visite à Port-Bouët. Paul Koffi Koffi n’en sait-il pas plus qu’il ne laisse croire, au point de qualifier ces attaques contre deux commissariats et une brigade de gendarmerie, d’actes de bandits ? Et si c’était des ex-combattants ou supplétifs Frci qui s’amusaient à ce jeu de s’en prendre aux commissariats et brigades de gendarmerie ?

Gérard Koné

Source: nouveaucourrier

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