Assad propose une « solution politique » à la crise en Syrie

Le président syrien Bachar el-Assad a proposé dimanche un plan « politique » impliquant son maintien au pouvoir lors d’un rare discours prononcé depuis la Maison de la culture et des arts dans le centre de Damas.

Dans sa première allocution en sept mois, M. Assad s’est montré inflexible, assurant encore une fois que le conflit qui a fait, selon l’ONU, plus de 60.000 morts, n’opposait pas le pouvoir et l’opposition mais « la patrie et ses ennemis » qui souhaitent sa partition.

Devant un parterre de partisans scandant « Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi », M. Assad a appelé au dialogue.

Affirmant ne pas avoir trouvé jusqu’à présent de « partenaire » pour cela et refusant de négocier avec « des gangs qui prennent leurs ordres de l’étranger », il a proposé un plan en trois étapes.

Mais avant tout dialogue, les pays finançant les « terroristes » devront « s’engager à arrêter » et « les hommes armés » devront mettre fin à leurs « opérations terroristes », a-t-il précisé, dénonçant « un état de guerre dans tous les sens du terme ».

Ce n’est qu’une fois ces engagements pris, que l’armée cessera immédiatement ses opérations, « tout en conservant le droit de répliquer », a-t-il ajouté.

Dans ces conditions seulement s’ouvrira « une conférence de dialogue national », a-t-il poursuivi. Cette conférence devra rédiger une « Charte nationale » qui sera soumise à référendum, tandis qu’un nouveau Parlement et un nouveau gouvernement émergeront des urnes.

Toute transition doit « se faire selon les termes de la Constitution », a-t-il insisté, en faisant référence à des élections.

Lorsque M. Assad a salué le public avant de partir, des dizaines de partisans se sont précipités pour tenter de le toucher.

L’opposition rejette la proposition d’Assad

L’opposition a aussitôt rejeté ce plan, dont aucune échéance n’est précisée, accusant le chef d’Etat de vouloir choisir ses interlocuteurs et de chercher à se maintenir au pouvoir.

Le porte-parole de la Coalition de l’opposition, Walid al-Bounni, a affirmé, joint par téléphone par l’AFP à Beyrouth, que l’opposition souhaitait « une solution politique, mais l’objectif pour les Syriens est de sortir (M. Assad) et ils ont déjà perdu pour cela plus de 60.000 martyrs (…) ils n’ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique ».

Sur Twitter le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a estimé que le président « est responsable des morts, de la violence et de l’oppression qui engloutissent la Syrie et ses vaines promesses de réformes ne trompent personne ». Plus tôt, le Premier ministre britannique David Cameron avait appelé M. Assad à quitter ses fonctions: « +Partez+: voilà mon message à Assad ».

Berlin a regretté que son discours n’exprime « aucune nouvelle prise de conscience », dénonçant un « ton martial » et attendant de M. Assad qu’il « s’engage enfin à faire cesser les violences de ses troupes » avant d’évoquer de « vagues dispositions à un cessez-le-feu ».

 

Source: lorientlejour

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