Après la Côte d’Ivoire, les radars d’Ocampo balaient la RDC

D’abord annoncés pour mardi passé, les résultats de la présidentielle du lundi 28 novembre 2011 ont été reportés à aujourd’hui jeudi alors que ceux des législatives sont prévus pour janvier 2012.

Faut-il voir dans ce report quelque signe annonciateur de lendemains postélectoraux chargés de tous les dangers ?

Pour la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ce retard mis dans la proclamation des résultats provisoires est . Explication fort plausible au regard du grand nombre de bureaux de vote, 63 000, répartis sur un immense territoire de plus de 2,3 millions de km2, soit plus de 8 fois le Burkina Faso.

N’empêche, la CENI étant suspectée par l’opposition d’être de connivence avec le pouvoir, nul doute que les résultats à venir, dont les tendances indiquent déjà une victoire du président sortant, Joseph Kabila, feront l’objet de contestations. Déjà que la période électorale a été émaillée de troubles qui ont fait plus de 18 morts selon l’ONG Human Rights Watch, c’est avec la peur au ventre que les Congolais entrevoient l’issue de cette présidentielle.

En effet, mardi dernier, rassemblés devant la résidence de leur candidat, Etienne Tshisekedi, arrivé deuxième selon les décomptes partiels, des centaines de militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ont donné le ton en exhibant machettes, cocktails Molotov et autres gourdins. Un tour de chauffe qui en dit long sur la forme de contestation dont usera l’opposition pour se faire entendre. A Paris comme à Londres, c’est aussi la veillée d’armes du côté des sympathisants des deux camps.

C’est dans ce contexte de lendemains incertains que Kinshasa, la capitale, présente depuis quelques jours le visage d’une ville en proie à une guerre civile : déploiement de forces de sécurité appuyées par des éléments de la garde prétorienne, exode massif de milliers de personnes vers Brazzaville, située sur l’autre rive du Congo.

C’est dans ce contexte de ni paix ni guerre que tomba cet avertissement de la Cour pénale internationale (CPI) : . Agacement de Luis Moreno-Ocampo, procureur de la CPI. Cette mise en garde pourra-t-elle conjurer l’emprise des vieux démons sur les eaux, déjà tumultueuses, du fleuve Congo ? Il faut l’espérer.

Comment ne pas se féliciter de cette ingérence préventive de la haute juridiction internationale dans cette présidentielle, qui menace la paix la paix en RDC en même temps qu’elle met en mal la stabilité de toute une région ? Après donc sa prise de premier choix en Côte d’Ivoire, avec l’extradition du président déchu Laurent Gbagbo dans les geôles de Scheveningen, le procureur Ocampo guettent d’autres criminels sur le continent noir. Ses écrans radars balaient actuellement la RDC à la recherche du moindre clash politique.

Sans pour autant hurler avec les loups sur un éventuel tropisme africain du célèbre magistrat argentin, on ne peut s’empêcher de s’étonner de la promptitude sélective de cette justice internationale. En effet, alors qu’en Syrie, Bachar el-Assad poursuit sa folie meurtrière, dont le bilan s’établit aujourd’hui à plus de 4000 tués dans les rangs des manifestants civils, la CPI n’a pas, jusque-là, levé le petit doigt. Parce que le leader baasiste règne sur un pays jugé très sensible au plan géostratégique qu’il lui est permis de massacrer en paix ?

Alors pour éviter un procès en discrimination sur le continent africain, il est temps que le procureur Ocampo prenne enfin le chemin de Damas.

Alain Saint Robespierre

Source: afriscoop.net

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