Algérie : La France hors-jeu des grands contrats d’armements

armement_algérie-300x128“C’est un fiasco commercial pour les grands groupes français de l’armement en Algérie. En dépit des efforts politiques de Paris, Alger oublie régulièrement les propositions françaises en vue d’équiper les forces armées algériennes”, écrit ce vendredi le quotidien français La Tribune.

Conséquence de cet oubli algérien, « c’est un peu la déprime chez les grands commerçants d’armements français en Algérie », selon le même journal qui relève que le marché algérien semble toujours profiter “aux russes qui vendent de façon régulière leurs armements comme des petits pains, ou encore “ce sont les Allemands, les Britanniques, les Italiens, voire les Chinois, qui raflent la plupart des contrats en compétition en raison des choix de la présidence algérienne”.

Pour La Tribune citant des sources proches des milieux de l’armement français “tous sauf la France” et qui sont lassés par les choix d’Alger et du clan du président Bouteflika, qui décide de ces contrats.

La même source révèle que “deux grands contrats sont actuellement en négociations à Alger. Et la France semble déjà hors jeu”. L’Algérie négocierait avec l’Italie l’acquisition de quatre frégates multi missions italiennes Fremm, dont deux en option, fabriquées par le chantier naval Fincantieri en dépit des propositions françaises.

Le ministre de la Défense italien, l’amiral Giampaolo Di Paola, était allé négocier à Alger cette acquisition en septembre dernier. Pour l’Italie, l’Algérie est le premier client pour son industrie de l’armement (9,08 % du total).

Toujours selon le journal français, le ministère de la défense algérien a commandé pour 477,5 millions d’euros de matériels de guerre italiens en 2011.

La marine algérienne a récemment acheté pour 450 millions d’euros deux LPD (Landing Platform Dock) un porte-hélicoptères de la classe San Giorgio.

Les Algériens, qui souhaitent également remplacer 34 Mig-29 dont ils ne sont pas satisfaits, seraient en négociations pour acheter du Gripen NG, selon la même source.

Le constructeur du Gripen, Saab est déjà référencé en Algérie. L’avionneur suédois a récemment vendu des missiles antinavires suédois RBS 15 mark III (Saab Bofors Dynamics) destinés à équiper les deux frégates allemandes Meko vendues à Alger.

Pour la Tribune, l’armée de terre algérienne est équipé de chars BMP-3 et T90 russes, de camions Man et de véhicules blindés Fuchs allemands.

La défense aérienne est assurée par les Russes avec des missiles Pantsir S-1 (courte portée) et S-300 PMU-2 (longue portée). L’armée de l’air est exclusivement composée d’avions de combat russes : 34 MiG 29, 44 Su-30 MKA, 16 (52 à terme) YAK-130.

Le quotidien français explique cette mise à l’écart de l’industrie de l’armement française par le refus de la France de fournir l’Algérie une série de matériels militaires pendant les années du terrorisme en affirmant que certains pays comme l’Afrique du Sud a fourni une aide à l’Algérie pendant cette période noire.

C’est pour cela que Alger a commandé pour ses futures frégates Meko des missiles sud-africains de défense anti-aérienne Umkhonto (” fer de lance de la nation”) et air-sol Mokopa (Denel).

Enfin, La Tribune conclut son dossier par soutenir que “le clan d’Abdelaziz Bouteflika à un an de l’élection présidentielle, en avril 2014, pourrait accélérer les négociations actuelles avant l’élection pour sécuriser ces contrats souvent très juteux” tout en rappelant que pour l’heure “seul le petit chantier naval vendéen Ocea, qui cartonne à l’exportation, a été le seul groupe français à briller en Algérie. En 2007, Ocea a vendu 21 patrouilleurs aux gardes-côtes algériens. Les livraisons se sont terminées en 2012. 

Source: algerie1

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