Afrique du Sud: retour progressif au travail à Lonmin

Onze jours après la manifestation des grévistes de la mine de Lonmin qui a tourné au drame – 34 morts suite à l’intervention policière – les mineurs reprennent progressivement le chemin du travail. Les pourparlers se poursuivent.

Le groupe minier Lonmin a indiqué dimanche, espérer que davantage d’employés reprennent le travail lundi dans sa mine de platine de Marikana, au nord de l’Afrique du Sud. « Je suis venu ici pour voir si on pouvait reprendre le travail sans danger, a expliqué à l’AFP un mineur, Johannes Ndebele. La police nous a dit de ne pas traîner en groupes autour de la mine, ils disent que c’est pour notre sécurité.  » D’autres veulent poursuivre la grève, réclamant une augmentation de salaire. Les mineurs réclamaient lors du lancement du mouvement que leurs salaires soient portés à 12 500 rands (€ 1 200), contre actuellement 4 000 rands (€ 390), en raison de leurs conditions de travail très difficiles.

Chaleur et poussière

« Les mineurs travaillent dans des mines très profondes, où la chaleur est souvent intenable, la poussière très importante – qui se fixe aux poumons – et le sol glissant. La plupart d’entre eux vivent en outre dans des taudis, parfois sans eau courante ni électricité, explique Dirk Kotze, politologue à l’université d’Afrique du Sud à Pretoria. Mais du fait de leur absence d’études et de formation, ces ouvriers sont obligés d’accepter ce travail pour vivre. »

En outre, nombre de mineurs n’ont que des contrats temporaires et n’ont donc pas le droit de faire grève, mais ne se seraient pas présentés à la mine par peur des réactions des grévistes.

Pourparlers

Les pourparlers sont en cours pour trouver « un terrain d’entente pour toutes les parties », a affirmé le groupe. « Nous continuons à communiquer avec nos employés pour les assurer que nous travaillons tous ensemble pour trouver une solution et nous les encourageons à reprendre le travail », a ajouté la compagnie. Question salaire, elle a aussi fait observer que les mineurs demandent que leurs salaires soient portés à 12 500 rands, contre actuellement 4 000 rands, selon eux. Mais selon les chiffres de la compagnie publiés le 24 août, quand les bonus et autres allocations sont ajoutés, les foreurs (qui ont lancé la grève) perçoivent un salaire de 9 813 rands environ avant impôts (lesquels se montent à 28 %).

La ministre du Travail, Mildred Oliphant, a affirmé le 27 août que les discussions entamées la semaine dernière entre les partenaires sociaux, dont l’exploitant de la mine Lonmin, reprendraient le 29 août. « La semaine dernière, j’ai rencontré Lonmin, NUM et l’AMCU pour essayer de résoudre les problèmes […] et nous sommes tombés d’accord sur le fait que tout le monde doit s’engager à une solution pacifique […] de façon à ce que nous puissions tous signer un accord de paix », a-t-elle affirmé. NUM est le grand syndicat majoritaire du secteur des mines, et l’AMCU est une petite formation dissidente qui a soutenu la grève de Marikana, appuyant les demandes d’augmentations salariales de 3 000 foreurs sur les 28 000 employés du site.

Des chefs religieux ont annoncé de nouvelles négociations entre les employés et Lonmin à partir du 27 août. « Ils ont convenu de reprendre les négociations sur les salaires lundi, et la direction a également soulevé la question de la paix (entre les syndicats) et d’un environnement favorable au travail », a déclaré à l’AFP l’évêque Jo Seoka, du Conseil sud-africain des Eglises. Tous les syndicats, dont l’AMCU, se sont mis d’accord pour trouver un accord de paix, a déclaré le responsable du NUM chargé de la santé et la sécurité, Eric Gcilitshana.

La semaine de deuil national en mémoire des personnes tuées à la mine annoncée par le président sud-africain Jacob Zuma a pris fin le 26 août.

Le président sud-africain a remercié le pays d’avoir répondu « avec dignité, calme et courage malgré la douleur, la consternation et la déception », suite à la tuerie de Marikana. Pour autant, de nombreuses critiques ont souligné l’absence de prise en main du dossier social dans le secteur minier par les autorités du pays.

Une partie des mineurs avaient repris le travail le 25 août, selon Lonmin. Cependant, la production n’avait pas repris dans la mine, car la direction attend d’avoir « un nombre suffisant » de travailleurs pour remettre en route les puits en respectant les procédures de sécurité.

Source: mtm-news

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