Affaire de l’achat de drones israeliens par la France

France : une campagne est lancée contre l’achat de drones israéliens ; des sénateurs demandent le retrait de la décision Ali Abunimah –
Signez la pétition contre l’achat de drones israéliens par la France

30 décembre 2011 Les militants de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) en France ont saisi leur gouvernement pour qu’il renonce à l’achat de drones Heron TP à la société israélienne Israel Aircraft Industries, portant sur 318 millions d’€. Dans le même temps, des sénateurs français de premier plan ont demandé, publiquement, que le pays abandonne cet acquisition au motif que les drones israéliens étaient inadaptés aux besoins des forces armées. Campagne contre les drones israéliens Une pétition a été lancée par la Campagne BDS France exhortant le gouvernement à rompre l’accord et appelant à un embargo militaire immédiat sur Israël ; elle aurait déjà recueillie plus de 1300 signatures.

Le texte en est le suivant : « Non à l’achat par la France de 318 millions d’euros de drones à Israël ! Embargo militaire immédiat ! Le ministère de la Défense français a pris le 20 juillet la scandaleuse décision d’acheter pour plus de 318 millions d’euros d’armes de guerre à Israël. Alors que cet État hors-la-loi se rend, jour après jour, coupable de graves violations du droit international, alors que l’heure est à l’austérité, quand tous appellent à la démilitarisation, et aux sanctions contre l’impunité d’Israël, le choix du ministère de la Défense français est indigne, et nous indigne.
 Israël a un bilan bien établi de violations du droit international et des droits humains au cours de ses diverses opérations et agressions militaires, invasions et occupations de territoires palestiniens et d’autres pays arabes, par l’emploi abusif et indiscriminé de la force et le ciblage délibéré des civils et des infrastructures. Il en résulte une répétition incessante de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. La Campagne BDS France, comme le BNC palestinien, appelle donc à un embargo militaire immédiat contre Israël, similaire à celui imposé contre l’Afrique du Sud dans le passé.

 Nous demandons l’annulation immédiate de ce contrat d’achats de drones à Israël. » 
 (http://www.bdsfrance.org/petition/ )

La décision d’acheter des drones israéliens a « surpris » le Sénat français Début décembre, les vice-présidents des Commissions des Affaires étrangères et de la Défense nationale du Sénat ont publié une lettre ouverte dans le journal Le Monde où ils s’opposent fermement à la décision. Les quatre sénateurs, deux de l’UMP, le parti du président Nicolas Sarkozy, et deux de l’opposition socialiste, ont écrit : « Le 20 juillet, le ministre de la défense, Gérard Longuet, a choisi d’équiper nos forces du Héron TP fabriqué par la société israélienne IAI et importé par Dassault. Au Sénat, cette décision a surpris. Quand un Etat se préoccupe de l’équipement de ses forces, il doit le faire sans parti pris, de façon rationnelle, c’est-à-dire mesurable : quel prix, quelles performances, quelle souveraineté industrielle ? Si cela est possible, il doit concilier ces objectifs. A défaut, il doit les hiérarchiser, en plaçant en tête la sécurité de ses soldats et l’efficacité de ses forces. » Les sénateurs précisent que les drones israéliens sont inadaptés aux besoins français. « Le Heron TP, écrivent-ils, est grand, lent et vulnérable face à des conditions météorologiques dégradées ».

Ils préconisent l’achat à la place du drone américain Reaper. Leur soutien pour le Reaper démontre cependant que les sénateurs, tout en s’opposant au drone israélien, ne soulèvent aucune question quant à l’éthique de l’acquisition. Leur opposition, selon leurs propres termes, porte strictement sur le mérite technique. Néanmoins, avec un noyau significatif déjà existant qui s’oppose à l’achat à Israël, les militants de la campagne BDS pourront être plus efficaces auprès de l’opinion publique pour que cet achat soit abandonné. La campagne française sur les traces de la Finlande La campagne en France fait écho à une initiative très ancienne de citoyens finlandais visant à faire renoncer leur pays à un achat possible de drones israéliens.

Le ministre des Affaires étrangères finlandais, Erkki Tuomioja, s’était déjà exprimé publiquement, alors qu’il était dans l’opposition, contre l’achat d’armes israéliennes pour des raisons d’éthique et il a récemment condamné l’ « apartheid » israélien. En juillet dernier, le Réseau européen contre le commerce d’armes (http://www.enaat.org /) a publiquement soutenu l’embargo sur les armes israéliennes et appelé à mettre un terme à « toute formation dans le cadre militaire et consultation avec l’armée israélienne, les sociétés militaires et les institutions de recherche universitaires ».

BDS

Source: alterinfo.net

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