ADO en Disgrâce: Selon « La Lettre du Continent », le voyage d’Alassane Ouattara en France annulé, sur les ordres de la première Dame Carla-Bruni Sarkozy !

Côte d’Ivoire: Politique, diplomatie, armée: Ouattara très affaibli. Alassane Dramane Ouattara a perdu de sa superbe des premières semaines après sa prestation de serment. L’homme qui n’a plus pignon sur rue, fait, depuis, face à la dure réalité du pouvoir. Dix mois, mais que de tumultes. Le chef de l’État ivoirien arrivé au pouvoir, en avril 2011, dans des conditions très sanglantes est bien placé pour savoir qu’il n’a pas droit à l’erreur. Et il le sait. Mais l’homme finit par se rendre compte de l’immensité des tâches qui s’entremêlent les unes dans les autres au fur et à mesure que les jours s’égrainent.

Carla-Bruni Sarkozy annule le voyage d’Alassane Ouattara
Selon des indiscrétions, l’ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international jadis adulé par la communauté internationale pourrait se retrouver seul dans les tous prochains mois à venir.

Alassane Dramane Ouattara est en perte de vitesse dans l’estime de ceux dont il était le chouchou dans un passé très récent. Plusieurs signes montrent que les manettes sont en train de lui échapper des mains. Ouattara reçoit peu et sort beaucoup. Cela veut dire que personne ne lui rend visite. Il est quasiment le seul chef d’État depuis Houphouët-boigny qui voyage hors de son pays pratiquement toutes les semaines. Depuis son avènement à la présidence ivoirienne, rares sont les chefs d’État qui ont défilé à Abidjan ou à Yamoussoukro. Mais il peut se contenter de quelques chefs
d’entreprise de second plan ou des «multinationales» dont l’évocation ne rappelle rien. Les rapports des principales chancelleries occidentales sont clairs là-dessus: la Côte d’Ivoire est une destination à risque déconseillée.

Programmé pour ce mois de décembre 2011, l’un des tous derniers voyages du chef de l’État ivoirien a été annulé sine die, selon le journal international La Lettre du Continent dans sa dernière parution. Sous les ordres de la première Dame de France, Carla bruni Sarkozy. Ouattara voulait faire un petit crochet sous la neige parisienne et peut-être y passer le réveillon de la Saint-Silvestre. Mais ce ne sera plus possible. La première dame de France n’en veut pas, du moins pas pour le moment. La période est trop sensible –les Africains et Ivoiriens se mobilisent pour Gbagbo à la Haye -, Ouattara lui-même serait devenu infréquentable en raison des tueries massives dans son pays, quant à Nicolas Sarkozy il est au creux des sondages à quelques mois de la présidentielle française. Pas le moment d’en rajouter. C’est finalement en janvier 2012 que le couple français a consenti à recevoir leurs hôtes d’Abidjan.

Soro et «sa» primature.
Mais c’est surtout au plan national que le pouvoir Ouattara montre toute sa faiblesse. Le binôme d’Alassane à la tête de l’État ivoirien, le premier ministre Guillaume Soro n’en finit pas de lui donner des sueurs froides. La réticence du patron de l’ancienne rébellion à lâcher prise en
rajoute aux insomnies du président Ouattara. Soro rechigne à plier bagage, à remettre la primature entre les mains de Ouattara qui à son tour va la «céder» au Pdci-rda d’Henri Konan bédié. Comme promis. Ce dernier, malgré les assurances qu’il multiplie en direction des cadres et militants impatients de son parti, est quelque fois contrarié par le «retard» pris dans la livraison du produit. Et la pression ne fait que monter. Au-delà des petites querelles domestiques entre le rdr et son allié du Pdci-rda, il y a l’insurmontable dossier Frci. L’insécurité est le ventre mou du régime ivoirien. L’Onu par le truchement de sa représentation en Côte d’Ivoire (Onuci) s’est laissé aller à l’exaspération.
L’organisation mondiale a appelé, jeudi 22 décembre dernier, le président Ouattara à «agir face aux exactions de militaires». Rien ne va dans l’armée du président Ouattara. Une armée mexicaine dont l’indiscipline saute aux yeux et où des Commandants plus nombreux que les soldats du rang font la loi. Le sang continue de couler du fait de ces soldats indisciplinés. Après le coup de feu de début décembre qui a endeuillé, cette fois-ci, des familles malinkés et qui a fait sortir le président Ouattara de ses gongs, noël a été sanglant pour des familles à Sikensi (à une centaine de kilomètres d’Abidjan). Une boucherie de l’armée du nouveau chef de l’Etat ivoirien a fait 4 morts et plus d’une trentaine de blessés. Si pour une certaine presse pro-Ouattara l’on a «évité le pire»,
il faut bien croire que des Ivoiriens ont encore payé de leur vie le mauvais comportement de ces militaires indélicats. Ces incidents surviennent seulement une semaine après la décision du président Ouattara de retirer les Frci des rues ivoiriennes pour les encaserner et d’extraire les «faux» des rangs de son armée. Les tueries de Sikensi sont-elles le prélude de ce qui attend Alassane Dramane Ouattara de la part des chefs militaires venus du nord, s’il s’entête à radier ceux qu’il appelle aujourd’hui «les brebis galeuses»? Sait-on jamais.

Zakaria règle ses comptes à Wattao.
Le chef de l’Etat ivoirien a nommé un ancien chef de guerre, Koné Zakaria, à la tête de la Police militaire, une unité à qui mission est confiée de débusquer les «faux Frci». L’on est tenté de croire que le président Ouattara ne mise aucunement sur l’armée de Soro, les ex-Fn devenues Frci pour assurer sa sécurité. On pourrait aussi penser qu’Alassane Dramane Ouattara n’en a que faire. Préalablement, il a pris soin de confier sa sécurité à des spécialistes français et burkinabé et sa démarche n’est pas trop loin de la stratégie – bien périlleuse – qui consiste à dresser des éléments d’une même armée les uns contre les autres au prétexte d’une certaine indiscipline. En vue de les neutraliser, surtout Soro qui en fait son élément de marchandage. Koné Zakaria ancien chef de guerre qui régentait Vavoua a donné un signal fort à son patron Ouattara pour lui dire que tous les deux sont
en symbiose.

Sa première grosse victime, Coulibaly Dramane alias «colonel Gaz», n’est autre que le chef de la sécurité d’Issiaka Ouattara alias Wattao, un autre chef de guerre ancien sous chef d’Etat-major de l’ex-rébellion des Forces nouvelles aujourd’hui commandant adjoint de la Garde républicaine. Justement, ce même Wattao en 2007, avait été chargé par Guillaume Soro, Secrétaire général des Fn pour régler le cas d’indiscipline de Koné Zakaria. La bataille entre Zakaria considéré comme le filleul du président du rdr Alassane Dramane Ouattara, et Wattao avait fait de nombreux morts et tourné à l’avantage du dernier. Soro n’avait pas hésité à hisser son fidèle au rang de sous chef d’Etat-major des Forces armées des Forces nouvelles (FaFn) en cumul du poste de chef de sécurité de la ville de Bouaké, fief de la rébellion. Quant à Koné Zakaria, en disgrâce, il avait trouvé refuge au Burkinabé Faso voisin avec beaucoup de ses fidèles. En rupture de ban durant une période relativement longue Zakaria Koné signe son grand retour juste quelques mois avant la conquête d’Abidjan. Sa nomination à la tête de la Police militaire est une marque de confiance renouvelée du président Ouattara en plein dans la théorie du «diviser pour régner»

Le faux calcul militaire d’Alassane Ouattara.
Zakaria frappe au cœur du dispositif Soro où Wattao est un pion essentiel. Allons-nous vers la guerre des clans pour le contrôle de l’armée des Frci qui confère à
Soro sa place à la primature ? Certainement! D’une manière ou d’une autre, il n’y aura pas un seul perdant dans cette affaire. Il est illusoire pour le président Ouattara de croire qu’affaiblir militairement son premier ministre lui donnera des coudées franches pour diriger la Côte d’Ivoire. C’est une erreur militaire. Alassane Dramane Ouattara qui veut neutraliser son premier ministre devenu un épouvantail pour lui, risque de perdre ses illusions. L’actuel chef de l’État s’était déjà mis à dos les «commandos invisibles», l’armée d’Ibrahim Coulibaly dont beaucoup se sont évanouis dans la nature après la mort de leur «général» dans les batailles d’Abobo. Comme il s’est mis à dos beaucoup d’ex-Forces de défense et de sécurité (Fds-Ci) fidèles au président Laurent Gbagbo dont beaucoup sont en exil.

Simplice Allard

Source: ivoirebusiness.net

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