A quel jeu joue donc l’Occident ? Après l’Irak, voilà la Syrie

Par Henri Diacono alias Henri François

OccidentLes Etats Unis, aux dernières nouvelles, commence à déployer son armée. Pourquoi ? « Because » les armes…supposées chimiques de Syrie. Obama, ce fameux messie à la peau noire dans lequel le monde entier, toutes confessions confondues, a voulu croire voilà quelques années, nous refait le même coup tordu que son prédécesseur, le texan borné. Après l’Irak, voilà la Syrie. Adieu donc les terres d’où ont jailli civilisations, langues et l’âge d’or tolérant de l’Islam. Adieu la Mésopotamie.

Mais à quel jeu joue donc l’Occident ? Est-il devenu dingue ? Est-ce de l’incompétence ? Du machiavélisme ? Ou tout simplement de l’inconscience infantile ? Le lecteur choisira. Pour ma part, en tant que simple citoyen, observateur – pas trop niais – de « comment va le monde » depuis quelques décennies, sinon une grosse poignée d’entre elles, j’opterai volontiers pour la troisième et dernière hypothèse. Saupoudrée toutefois d’une pincée de « machiavélisme ».

Une énorme inconscience, devenue criminelle dès lors que ses auteurs, diplomates chevronnés mais surtout retors, continuent de vouloir faire croire aux autres qu’ils sont les gendarmes du Monde alors qu’ils n’en sont que les agitateurs et surtout … les pilleurs de ses richesses.

Il est en effet notoire aujourd’hui de constater avec une inquiétude de plus en plus présente (celle d’un conflit généralisé par exemple), que cette partie de la planète qu’on a eu pour habitude de nommer définitivement depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, « Le Monde Occidental » (avec en sous titre obligatoire, capitalisme, en lettres capitales de préférence) a nagé et nage toujours dans la plus totale absurdité « diplomatique ». Avec quelquefois des relents stupides mais assassins à force d’être farcis de mensonges grossiers, qui finissent par semer, la plupart du temps, la violence, la haine puis la mort. A croire que tel était, est et sera le but recherché.

Cette absurdité est conduite tambour battant depuis beaucoup plus d’un siècle, par un guide, général en chef, à la cinquantaine d’étoiles sur ses épaules et son drapeau et autant en bases militaires qu’il a planté autour du globe terrestre. Protestant pur et dur, plutôt que catholique. Un va t’en guerre perpétuel qui dégaine à tout bout de champ, qu’il ait la peau blanche ou noire, et qui a un tel goût des armes, et du fric, depuis son antiquité, c’est-à-dire le Far West et ses « westerns », qu’il en a inscrit la possession pour chacun de ses citoyens dans l’un des tout premiers articles d’une Constitution qu’il continue de prétendre exemplaire.

Ses lieutenants, suzerains serviles ? Les plus proches nichent dans toute la « vieille Europe », y compris celle libérée du communisme, une doctrine (ou une religion) en passe de ne plus être qu’éphémère. On y trouve au tout premier rang la toujours perfide Albion anglicane (1), flanquée de la fille aînée de l’Eglise catholique, la « doulce » France devenue une piètre Bécassine, et enfin de la Grosse Bertha, la luthérienne à la chevelure tressée, la vaincue d’hier et d’avant-hier qui de nos jours recommence à pérorer avec arrogance et montrer ses muscles.

Dans cette allégeance, aveugle, voilà plus de cinquante ans, est venu s’arrimer Israël, minuscule et turbulent état crée avec l’aval et l’aide des baïonnettes occidentales. Histoire d’implanter un désordre quasi permanent, en plein cœur des énormes richesses du Proche et Moyen Orient, deux termes inventés en 1902 par un théoricien de la guerre… de nationalité américaine « of course ». La capitale de ce microcosme cancéreux qui, sans trop se montrer, joue bien souvent, un rôle majeur et maléfique dans « la diplomatie occidentale », se trouve paradoxalement à des milliers de kilomètres de là. En plein cœur de la Grosse Pomme, à Manhattan du côté de Wall Street, là où les israélites, bien à l’abri au milieu de leurs montagnes de dollars yankees, se comptent par millions et sont trois fois plus nombreux que dans la totalité de leur lointaine patrie qu’ils disent « biblique ». (2)

Et pour couronner le tout, notre général, plus connu sous le quolibet d’Uncle Sam, et ses complices, ont pris dans leur filet « occidental », grâce à cet appât universel qu’est le profit financier, énorme cela va de soi, les plus rétrogrades des Etats Islamistes. Ceux de la péninsule arabique qui ne doivent leur existence dans les dictionnaires ou atlas (tout juste 40 ans par exemple pour le Qatar) qu’au gaz et pétrole qui y regorgent. Des déserts parsemés aujourd’hui de gratte-ciels et de fleurs artificielles à défaut de savants ou philosophes, et où des chameliers se sont transformés en émirs, califes, rois ou dictateurs ayant droit de vie et de mort sur leurs sujets et même leurs visiteurs. On y tranche encore les têtes à coups de sabre et tue à coups de pierres les femmes infidèles au nom d’une foi qu’ils ont vite transformé là bas en « loi universelle », qu’ils disent.

De ce cercle vicieux, hétéroclite et religieusement explosif, n’ont cessé de se succéder depuis longtemps, trop longtemps même, des couacs diplomatiques, aux effets pervers, baignant dans le sang et la terreur. Des camouflets engendrant la haine et des cortèges de morts. Partout où cette alliance contre nature a voulu imposer son ignoble volonté hégémonique nourrie d’une tartufferie meurtrière qu’elle camoufle sous le slogan « au nom des Libertés ». Avec ou sans l’accord du « machin » comme le grand Charles évoquait l’ONU. Un organisme qui ne sert pas à grand chose et qui est actuellement dirigé par des yeux bridés dont la diplomatie servile est loin de valoir celle de son prédécesseur.

Allons- y pour l’énumération d’une période récente :

Trois interventions armées, des guerres. Deux en Irak et une en Afghanistan pour y installer, sous des motifs pas toujours très clairs, des « démocraties ». Des cohortes d’excès, de destructions et de cadavres pour finalement se retirer « la queue basse », (comme « on » l’avait fait un peu plus tôt avec les résultats que l’on connait en Indochine puis en Algérie), laissant dans chacune de ces deux nations la chienlit et la mort. A travers des attentats quotidiens assumés par ceux que ce foutu Monde Occidental voulait éliminer. Au passage, le fondateur d’Al Qaïda cette armée « terroriste » islamique tant redoutée, Ben Laden, ex agent de la CIA pour organiser la résistance à l’occupation soviétique en Afghanistan, n’est pas fait prisonnier, mais abattu par des marines américains, chez lui, en famille, au…Pakistan. Capturé il aurait pu dévoiler des « choses » désagréables.

En Tunisie où la vague des libertés des peuples arabes et arabophones a pris son élan, une fois le dictateur exclus (en…Arabie Saoudite), alors qu’ils l’avaient tant choyé, français et anglais, se sont empressés d’expédier sur place les deux exilés de choix qu’ils protégeaient, depuis vingt ans, pour l’un à Londres, et dix ans à Paris, pour l’autre. Un membre influent des Frères Musulmans, le terreau du radicalisme islamique, au bord de la Tamise et un pâle défenseur des droits de l’homme, grand ami de Jack Lang, sur les rivages de la Seine. Or après deux années de pouvoir à la tête du pays, ces deux hommes largement financés par le Qatar (des enquêtes menées par des médias tunisiens l’ont prouvé) ont plongé par incompétence et muflerie religieuse le pays dans l’insécurité, la misère, le laxisme, le terrorisme salafite, les meurtres politiques et la rédaction d’une Constitution a forte connotation coranique. Beaucoup trop pour la grande majorité d’un peuple plus mature qu’on le croit à Paris, Londres ou Washington, qui ne cesse de manifester depuis des mois et dont les partis politiques d’opposition et le puissant syndicat ouvrier rejettent obstinément de collaborer avec le parti islamiste élu après une campagne électorale écourtée. Et ce malgré les efforts de réconciliation tentés par l’ambassade américaine de Tunis, ou lors de réunions « secrètes » récentes patronnées par la France à Paris.

Pris de court par « le printemps arabe » en Lybie, diplomatie et gouvernants occidentaux commettent à la va vite une seconde grossière erreur, prouvant qu’ils n’ont rien compris au sens profond de ces révoltes. En Lybie ils envoient avions et canons anglais et français et après avoir détruit et tué – notamment le dictateur qui les gênait tellement – laissent le pays, l’un des plus riches arabo-musulmans, aux mains de plusieurs tribus rivales, véritables bandes moyenâgeuses bien armées par les occidentaux « venus les libérer ». Avec bien sûr, attentats et morts à la clé. Semaine après semaine.

Plus ahurissant encore, l’Egypte ! L’armée, poussée par une grande partie du peuple lassée d’être sous la coupe d’un pouvoir incompétent conduit par les Frères Musulmans vers une nouvelle dictature, celle d’une religion, débarrasse la Nation de cette confrérie. Avec des cadavres inévitables de part et d’autre. Et voilà que l’Occident, « horrifié » crie son « mécontentement » et condamne tout en menaçant le pays de représailles…financières. A ce jour pourtant les militaires tiennent bon.

Enfin la Syrie ! Après avoir applaudi les rebelles qui s’opposent au régime autoritaire de Bachar El Assad sans s’inquiéter de la motivation de la plupart d’entre eux, djihadistes radicaux et fous d’Allah, l’Occident les arme et les finance (annonce d’Obama pour près de 200 millions de dollars). La Turquie se joint au concert. Dans le Monde Libre on la cite souvent en exemple pour son islam modéré en ignorant qu’il ne peut y avoir de religion politique modérée sur terre depuis que celle-ci tourne autour du soleil, et que chez les ottomans un certain Erdogan est en train de détruire par pans entiers la laïcité qui faisait le fierté des turcs. Alors que les informations concernant cette guerre impitoyable dont le nombre des cadavres ne sont fournies chez les yankees et ses alliés, par voie d’une presse bien naïve, que par des soi disant ONG ou les rebelles eux-mêmes, avec la précision du comptable le plus vertueux, voilà qu’on y évoque à présent comme on l’avait fait pour l’Irak, l’emploi d’armes chimiques.

Et notre BHL national qui se prend pour le philosophe qu’il n’a jamais été tout en étant qu’un piètre agitateur politique à sens unique de crier sa haine de la Syrie et appelle aux armes sur les antennes d’une radio. Tout comme notre Ministre des Affaires Etrangères qui oublie, comme son coreligionnaire, que, dixit Le Figaro, des commandos de centaines d’hommes formés, instruits, armés et conduits par des américains, jordaniens et israéliens (tiens, tiens) sont à pied d’œuvre très prés de Damas aux côtés des opposants, djihadistes islamistes radicaux compris.

Mais que cherchent-ils donc le Grand Sam, notre Marianne, l’English et consort ? Depuis qu’ils sont entrés tout récemment dans la danse macabre des Proche et Moyen Orient, attentats bombes et morts fleurissent partout, y compris depuis peu au Liban, jusqu’aux Yemen, Somalie, Soudan et Nigéria et ailleurs. Même chez eux. Mais qui visent-ils donc en faisant ainsi ami-ami avec l’islam le plus hermétique ? Le fric, le pétrole, le gaz (il parait qu’il pullule à cinq kilomètres de profondeur au cœur de la Méditerranée hors de portée…d’Israël) ? Ou plutôt se prennent-ils pour les descendants, au 21° siècle, de l’Empire Romain ? Si tel et le cas il est bon de leur conseiller de relire le plus tôt possible l’Histoire.

Henri Diacono alias Henri François

Source:agoravox.fr

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(1) L’Angleterre et la France sans évoquer es Etats Unis (des nations qui ont la mémoire courte) sont à l’origine de tous les conflits larvés actuels qui enveniment le monde. L’Angleterre a fait deux fois la guerre en Afghanistan au siècle dernier, essuyant un échec cinglant la seconde fois, elle a occupé l’Irak et voulu le Koweït, a crée de toute pièces le Pakistan (pays qui possède la bombe atomique) pour y « parquer » les musulmans vivant en Inde et y a donc favorisé la naissance d’un islamisme pur et dur. Elle a aidé les tribus arabes à se débarrasser des turcs dans la péninsule et arabique. Elle a gouverné l’Egypte et la Palestine (tout en ayant encouragé les sionistes, voir Balfour). Elle a longtemps guerroyé dans des alliances incroyables avec les russes en Iran, avant d’y fomenter en 1953 un coup d’Etat avec la CIA destiné à renverser le premier ministre Mossadegh qui avait eu « l’outrecuidance de nationaliser les richesses de l’Empire ». Quelques années plus tard l’Iran ou si vous le voulez la Perse était aux mains des ayatollahs. L’Anglais toujours a aidé la France à semer le chaos actuel qui mine la Lybie. Quant à la France dont les différents gouvernements et diplomates n’ont jamais rien compris à l’émancipation des peuples « colonisés », pourrait aujourd’hui être accusée de génocides commis par son armée voilà soixante dix ans environ en Syrie et Algérie. Elle y a massacré des dizaines de milliers d’autochtones qui avaient commis le péché de défiler pour demander leur indépendance.

(2) Il est bon de souligner à ce sujet, que l’une des absurdités assassines importantes du monde occidental aura été de favoriser sur ces terres africaines, les « juifs ashkénazes » (donc allemands ou européens de l’est depuis des dizaines, voire des centaines, de générations, des sionistes indéracinables, sujets au caractère dur employant souvent la force et la férocité) plutôt que les séfarades aux mœurs et coutumes orientales, vivant depuis toujours, et en paix, sur place ou tout autour de la Méditerranée, y compris dans des pays arabes ou arabophones dont ils savaient si bien parler la langue. En outre voilà quelques jours Israël a osé et réussi à plonger dans l’embarras le plus bas son puissant allié yankee en déclarant haut et fort qu’il avait l’intention de lancer plusieurs milliers de logements « coloniaux » en Cisjordanie et Jérusalem Est occupés militairement illégalement. Exactement le lendemain du jour où les USA par la voix de John Kerry, annonçait avec forfanterie que palestiniens et israéliens feraient définitivement la paix sous peu.

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